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Le bien-être est lié à une mémoire du plaisir

Manger, boire, se reproduire, avoir un comportement maternel, rire, sont toutes des activités essentielles pour la survie de l’individu et de l’espèce. Au cours de l’évolution, la sélection naturelle a associé à ces comportements de fortes sensations de satisfaction.

Un véritable circuit de la récompense s’est donc développé pour favoriser ces comportements reliés à nos besoins fondamentaux. Ce circuit s’est ensuite élargi pour nous inciter à répéter les expériences plaisantes apprises au cours de la vie.

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Le rire peut guérir

De toutes les recherches sur la capacité de guérison du rire, aucune histoire ne dépasse celle de Norman Cousins.

D’accord : certains vont dire que cette histoire est anecdotique ou même qu’elle est exagérée.

N’empêche que cette affaire illustre un phénomène qui est beaucoup plus courant qu’on ne le dit : un malade décide de se prendre en main et de changer radicalement d’attitude face à la maladie. Et voilà que, solidement installé dans le siège du pilote, tenant enfin les manettes de sa propre vie, il se met brutalement – et inexplicablement – à aller mieux.

A-t-on besoin de croire aux miracles pour accepter cela ? 

Une maladie « incurable »

Norman Cousins était un journaliste américain très connu, rédacteur en chef de la Saturday Review.

En 1964, ses médecins lui apprirent qu’il était atteint de spondylarthrite ankylosante. C’est une maladie incurable de la colonne vertébrale provoquant des douleurs dans le bas du dos et un raidissement articulaire. Tendons, ligaments et articulations se calcifient. À terme, les vertèbres ne forment plus qu’un seul bloc…

Cette maladie est très douloureuse, mais n’a pas de traitement à part des anti-douleurs, dont les effets secondaires peuvent être redoutables. Norman Cousins raconte même que ses médecins ne lui donnaient pas 1 chance sur 500 de survivre [2].

Confronté à ce sombre avenir, Norman Cousins se lança dans ses propres recherches. Il avait en effet une formation médicale, ayant été professeur adjoint à l’Ecole de Médecine de l’UCLA [3], et il fit trois choses absolument contraires à l’avis de ses médecins.

1) Prendre de la vitamine C à haute dose

La première fut d’étudier à fond tous les médicaments qu’il prenait. Il découvrit que ses traitements épuisaient ses réserves de vitamine C et, sur la base de ses recherches personnelles, parvint à convaincre ses médecins d’arrêter de lui donner plusieurs médicaments, et de lui injecter de très hautes doses de vitamine C, dont il estimait qu’elles étaient son dernier espoir.

2) Quitter l’environnement anxiogène de l’hôpital

Ensuite, Cousins décida de quitter l’hôpital et de s’installer dans une chambre d’hôtel. Il estimait que les hôpitaux, avec leur nourriture déplorable, leur hygiène douteuse, leur culture de la surmédicalisation, leur atmosphère de négativité et leur perturbation systématique du rythme du sommeil des patients, n’étaient « pas des endroits faits pour les personnes vraiment malades », selon ses termes.

3) Regarder des films comiques

Troisième chose, Cousins se procura un projecteur et un stock de films comiques, dont de nombreuses « Caméras cachées » et des films des Marx Brothers. Durant sa première nuit à l’hôtel, il rit tellement en regardant ces films qu’il parvint ensuite à dormir plusieurs heures sans ressentir de douleur. Le rire avait stimulé sa production d’endorphines, des produits chimiques aux effets anesthésiants fabriqués naturellement par le corps.

Lorsque la douleur se réveillait, il remettait les films en route et, après avoir bien ri, parvenait de nouveau à s’endormir.

Il raconte qu’en mesurant sa vitesse de sédimentation, un des examens de routine effectué au cours d’un bilan sanguin et qui permet de mesurer l’inflammation et les infections, il observa que son taux diminuait de 5 points chaque fois qu’il regardait un de ces films.

Guérison miraculeuse

Il put bientôt arrêter tous les médicaments, sauf la vitamine C et le rire.

Il décrivit les semaines qui suivirent comme une longue cure de rire qui le ramena peu à peu à la santé. Il put ainsi reprendre son travail à la Saturday Review, tandis qu’il continuait son traitement original.

Il est évident que le succès de ce traitement a beaucoup tenu à l’attitude même que Norman Cousins décida d’adopter.

En plus de garder, et stimuler, sa capacité à rire, c’est un homme qui croyait profondément en l’amour, la foi, et l’attitude positive face à l’existence (il fut un combattant acharné du désarmement nucléaire). Sa force de caractère et sa volonté de vivre contribuèrent certainement à sa guérison miraculeuse.

Déclencher l’effet placebo volontairement

Alors qu’il était à l’hôpital, il théorisa le fait que, si les émotions négatives comme la colère et la frustration peuvent nuire à la santé, cela pouvait aussi vouloir dire que, réciproquement, des émotions positives comme la joie et le rire pouvaient avoir l’effet opposé.

Certains parleront évidemment d’effet placebo. Mais Cousins s’est posé lui-même la question. Il en conclut que la créativité est la cause centrale de l’effet placebo : elle déclenche une chaîne d’événements dans le corps qui rétablit les équilibres (homéostasie) et l’impression de bien-être.

On peut donc, par l’effet de la volonté, déclencher un effet placebo, entraînant la guérison.

Relation de confiance avec le médecin

Il attribua enfin une grande partie de son succès à sa relation très proche et amicale avec son médecin, qui soutenait à deux mains sa démarche et l’encourageait dans son approche expérimentale malgré le fait qu’elle ne correspondait pas aux idées préconçues de la médecine.

Cette importance capitale de la relation patient/médecin est presque universellement reconnue et vérifiée statistiquement comme le facteur le plus important dans les chances de guérison en psychanalyse. Mais la chose pourrait-elle également être vraie dans le monde de la médecine ? Le cas de Norman Cousins contribue à nous le faire penser.

L’aspect le plus fascinant de l’histoire de Norman Cousin était sa capacité à rire, malgré des douleurs intenses et, très probablement, une grande angoisse, celle qui s’empare de toutes les personnes à qui l’on annonce qu’elles sont atteintes d’une maladie incurable.

Mais il mit un point d’honneur à rire jusqu’à se faire mal à l’estomac, de ce rire inextinguible qui allait jusqu’à déclencher un puissant effet antidouleur. Dans son livre, il cite de nombreux penseurs qui, à travers les âges, avaient réalisé comme lui la capacité de guérison du rire, et cette liste inclut le philosophe anglais Francis Bacon, Emmanuel Kant, Sigmund Freud et le Dr Albert Schweitzer. Sans doute cette liste pourrait être beaucoup plus longue.

Car ultimement, le rire pourrait être un moyen pour l’être humain de sortir de lui-même, de ses limites, et de trouver l’itinéraire qui le ramène à la santé. C’est pourquoi le voyage de Norman Cousins qui, grâce au rire, l’a ramené à la vie, peut être pour nous tous une source d’inspiration.

 


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L'optimisme, ça vaut le coup d'essayer

On n'a pas encore découvert le gène de l'optimisme. Mais on sait désormais que cette aptitude peut se travailler. En puisant notamment dans la psychologie positive. Une aubaine! Car voir la vie en rose permet de vivre plus longtemps.

Ne vous plaignez pas en présence de Luc Simonet d'une météo trop maussade. Il vous reprendra aussitôt en affirmant: «C'est une belle journée de pluie." 

Cet ancien avocat d'affaires belge n'a d'ailleurs pas hésité, il y a dix ans, à faire imprimer la phrase sur une cinquantaine de parapluies distribués ensuite à ses proches. Un clin d'oeil qui a vite débouché sur la création d'un club assez unique en son genre: la Ligue des optimistes.

L'idée lui est venue pendant une année sabbatique prise à 52 ans pour se «soigner» d'une perte d'enthousiasme au travail. «J'ai vite été submergé par l'impact de mon initiative.» 

Aujourd'hui, près de 80000 personnes dans le monde sont abonnées à sa newsletter. Car, depuis 2008, la ligue a fait des petits, de la France aux États-Unis en passant par le Bénin.

Un succès qu'il doit sans doute à son message résolument constructif. «Je ne fais pas dans le «bonheurisme» ou la méthode Coué en prônant un optimisme béat. Bien au contraire. Je défends un optimisme d'action. Subversif, même, quand il s'agit de s'opposer à l'évolution cynique de notre société.» 

Parmi ses projets les plus fous, la création d'une école pour responsabiliser les actionnaires et éviter ainsi qu'ils poussent les dirigeants d'entreprise à se comporter comme des «mercenaires». Mais là où Luc Simonet interpelle sans doute le plus, c'est en affirmant que, loin d'être une aptitude congénitale, l'optimisme peut relever d'une décision intérieure. «C'est un postulat", insiste-t-il.

Si c'est le cas, c'est une sacrée bonne nouvelle! Déjà parce que, comme le disait avec humour le défunt Premier ministre israélien Shimon Peres, «si un optimiste et un pessimiste sont condamnés à mourir tous les deux, ils n'auront pas eu la même vie".

De surcroît, sur un plan strictement médical, il est désormais prouvé que les optimistes ont un système immunitaire plus performant, sont moins sujets aux accidents vasculaires cérébraux, ont un taux supérieur de survie après un infarctus et, au final, vivent plus longtemps.

Mais peut-on réellement devenir optimiste? Cette capacité à anticiper un futur plutôt positif relève-t-elle d'une disposition génétique? Ou peut-elle se travailler? Les scientifiques n'ont guère de certitudes en la matière. De fait, on ne sait pas vraiment si nous venons au monde avec un «biais pessimiste», héritage de ce fameux cerveau reptilien chargé de nous prévenir des dangers. Ni pourquoi l'optimisme se manifeste chez les uns plus que chez les autres. «Les études dans ce domaine sont encore assez sommaires et pour la plupart indirectes", confirme le psychiatre Frédéric Fanget. Selon l'une d'entre elles, souvent citée (Sonja Lyubomirsky, 2005), notre niveau de bonheur, que l'on peut raisonnablement classer parmi les déterminants de l'optimisme, serait lié pour 50% à notre capital génétique, pour 10% à nos conditions de vie et pour 40% à des facteurs sur lesquels l'individu pourrait agir. Mais il serait assez hasardeux de donner à ces résultats une valeur universelle.

Si personne ne remet en cause l'idée que nous ne naissons pas tous avec les mêmes dispositions à l'optimisme, la plupart des praticiens préfèrent aujourd'hui insister sur le rôle de l'environnement dans le développement de cette aptitude. «Dès lors qu'il est élevé par des parents gratifiants et qu'il évolue dans un cadre scolaire positif où l'on valorise ses succès, le plus grand des pessimistes à la naissance peut devenir un optimiste convaincu», assure Frédéric Fanget, auteur du best-seller Oser. Thérapie de la confiance en soi(éditions Odile Jacob).

Changer de «style explicatif»

Mieux, on sait aujourd'hui que l'individu possède une marge de manoeuvre pour agir sur son capital génétique«Pendant longtemps, on a cru que notre ADN déterminait tout, explique le biologiste Philippe Bobola. Puis l'épigénétique (discipline qui étudie les mécanismes moléculaires modulant l'expression du patrimoine génétique en fonction du contexte, NDLR) a mis en évidence que le manchon de protéines qui l'entourait jouait un rôle dans l'activation, voire la mise en sourdine, de nos gènes. Et surtout que l'on pouvait agir dessus notamment via nos pensées Les jeux ne seraient donc pas faits une fois pour toutes à la naissance. Nous sommes en partie acteurs de notre biologie. Même si l'on n'a pas encore identifié le gène de l'optimisme, cette découverte apporte de l'eau au moulin de Luc Simonet.

Oui, mais comment s'entraîner à devenir optimiste? Il n'y a pas de recette universelle, bien sûr. Mais les préceptes de la psychologie positive peuvent nous mettre sur la voie. En droite ligne des thérapies comportementales apparues dans les années 50, cette discipline s'est focalisée sur l'étude des «conditions et processus qui contribuent à l'épanouissement et au fonctionnement optimal de l'individu".

Selon son père fondateur, le psychologue américain Martin Seligman, les pessimistes seraient prisonniers d'une sorte «d'impuissance apprise» mais sur laquelle on pourrait agir. La clé: modifier ce que ce thérapeute appelle le «style explicatif» des évènements. Le pessimiste attribue ses échecs à des causes internes, stables et globales. Pour caricaturer, il pense en substance: «Je suis nul et ça ne va pas changer de sitôt.» Et ses réussites sont, au contraire, dues à des causes externes comme la chance. L'optimiste procède de manière diamétralement opposée. Il associe ses échecs à des causes spécifiques et temporaires: «Manque de préparation ou méforme.» Et ses succès à des facteurs pérennes: «Je suis quelqu'un de compétent.» La démarche, on l'a compris, consiste à passer d'un «style explicatif" à l'autre.

Un chemin qui requiert un vrai travail sur soi. Pour sauter le pas, il faut souvent être confronté à un mal-être tenace. L'optimisme n'est pas nécessairement l'objectif recherché au départ, mais la conséquence heureuse, le cadeau, qui attend en bout de parcours. Nombre de ceux qui sont passés par là évoquent un déclic.

Chez Isalou Beaudet-Regen, c'est un cancer du sein déclaré à 29 ans qui a joué ce rôle. «Enfant triste marqué par la solitude, j'ai décidé, suite à cette maladie, de rendre chaque seconde qu'il me restait à vivre gaie et joyeuse", explique cette quinqua qui dirige aujourd'hui une petite agence de communication audiovisuelle. «Le monde n'est pas soudain devenu idyllique, assure-t-elle. Bien au contraire! J'ai en revanche totalement accepté son côté chaotique. Et j'ai surtout compris que, même si on ne maîtrisait rien, on avait toujours le choix d'en rire pour mieux rebondir Et de citer la maxime de Winston Churchill: «Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté."

Chez Philippe Bobola, le déclic est venu de la compréhension de lois de la nature et singulièrement de l'épigénétique. Ce biologiste - également physicien, anthropologue et psychanalyste - y a trouvé les ressources pour se dégager de la gangue de pessimisme qui l'a longtemps accablé. Une attitude héritée de son père pour qui le monde était dangereux et imposait que l'on reste sur ses gardes. «Via la physique quantique, j'ai réalisé que cette vibration négative se répercutait aussi dans mon environnement, lequel répondait en conséquence. Si vous manifestez de la peur face à un chien, il vous attaquera", résume-t-il. Depuis sa «conversion», il estime qu'il est de notre responsabilité à tous de «rayonner" du positif.

Tenir un journal de «gratitude»

Plus facile à dire qu'à faire! «On n'efface pas quarante années de pessimisme, assure Frédéric Fanget. Les connexions neuronales façonnées par nos comportements restent en place. En revanche, la plasticité du cerveau nous permet d'en susciter de nouvelles." À condition de ne pas se contenter d'un travail d'écoute et de compréhension de soi mais de s'engager dans des actions concrètes.

Isalou Beaudet-Regen s'est imposée de se lever plus tôt chaque matin, notamment pour pratiquer la méditation. «Cela m'a aidée à prendre de la distance avec les événements, à lâcher des tensions et gagner en légèreté, précise-t-elle. Une manière de donner une orientation positive à ma journée." Durant cette parenthèse personnelle, elle fait aussi du sport et s'adonne à l'écriture. Un désir longtemps resté inassouvi d'où est sorti La Magie du matin (Leduc Éditions), ouvrage qui a reçu le prix 2016 de... la Ligue des optimistes.

Cette ancienne «torturée d'esprit" s'est aussi mise à pratiquer le «journal de la gratitude». Autrement dit à se souvenir, le soir venu, de tous les petits moments de bonheur qui ont émaillé sa journée. «C'est un outil puissant d'entraînement cérébral qui permet de modifier notre regard sur l'existence", assure la psychologue Rebecca Shankland. Dans son ouvrage Les Pouvoirs de la gratitude (Odile Jacob), elle rapporte l'expérience réalisée par deux professeurs américains (Emmons et McCullough) sur leurs étudiants en psychologie: ceux-ci ont été répartis en trois groupes auxquels il a été demandé de noter pendant quelques mois, respectivement, cinq évènements négatifs, cinq évènements neutres et cinq évènements positifs survenus au cours de la semaine écoulée. Chacun devait ensuite répondre à des questions sur son état de bien-être. Le groupe des souvenirs positifs est sorti de la période de test avec un niveau de satisfaction et d'optimisme largement supérieur aux deux autres.

Véhiculer des énergies positives

Il n'est pas toujours nécessaire de passer par de longs processus thérapeutiques, donc, pour gagner en optimisme. Pour autant, on s'épargnerait bien du travail en évitant de «fabriquer" des pessimistes. En particulier à l'école.

Les États-Unis forment depuis longtemps des professeurs à la psychologie positive. En France, cela commence à peine. Enseignant-chercheur, Charles Martin-Krumm promeut notamment cette approche à l'École supérieure du professorat et de l'éducation de Rennes. Professeur d'EPS pendant dix-huit ans dans un lycée d'éducation prioritaire, cet ancien champion d'aviron s'est intéressé au sujet en constatant que tous ses élèves n'avaient pas la même capacité de rebond face à un échec. Il en a fait depuis son terrain de recherche. «Il faut former les éducateurs à induire les bons «styles explicatifs» chez les enfants qui ont du mal à suivre", souligne-t-il.

Aujourd'hui président de l'Association française de psychologie positive, il coache des équipes d'aviron et de boxe française et intervient en entreprise, où l'optimisme a fait une entrée remarquée dans la panoplie du «bien-être au travail". «Les managers doivent être attentifs aux messages qu'ils font passer, notamment durant les entretiens de fin d'année», observe-t-il. Car, précise Frédéric Fanget, «si un pessimiste peut devenir optimiste, la réciproque est tout aussi possible, en présence d'un supérieur particulièrement toxique.» 

Si l'optimisme plaît aux DRH, c'est aussi parce qu'il permet de véhiculer des énergies positives. Déjà, pas mal de prestataires se sont engouffrés sur ce nouveau marché, proposant toute une série d'outils: du mur de la gratitude aux séances de yoga du rire.

Gare cependant à ne pas trop survaloriser les profils optimistes. Selon Frédéric Fanget, tout est affaire de degré. «Un «pessimiste constructif» peut être beaucoup plus performant dans certaines fonctions liées à la sécurité, par exemple, où l'anticipation des scénarios négatifs est conseillée. En revanche, dans les métiers de vente, mieux vaut s'appuyer sur des «optimistes réalistes»." Dès lors qu'on ne tombe pas dans les extrêmes, chacun a sa place, donc.

Il n'empêche qu'en ces temps de crise, orienter résolument son regard vers ce qui est beau et ce qui marche ne peut que faire du bien.

C'est probablement ce qui explique le succès du Printemps de l'optimisme, qui réunit, depuis trois ans, près de 4500 personnes au Conseil économique, social et environnemental (Cese). Son initiateur, le communicant Thierry Saussez, auteur de nombreux livres sur le sujet, entend lutter par ce biais contre la sinistrose ambiante. «Nous cherchons à rassembler les convaincus, séduire les hésitants et faire douter les opposants", indique celui qui a conseillé une longue série de Premiers ministres. Pour lui, comme pour le président de la Ligue des optimistes, il faut combattre le «cancer» de la victimisation et de la résignation. Leur message commun: osons le pari de l'optimisme. «C'est une vraie option de construction de vie", martèle Philippe Bobola. On n'a rien à perdre à essayer. 

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Le rire c'est la santé

Le rire, antidote au stress et booster du système immunitaire, a de nombreuses vertus. Et s'il n'est pas -encore?- remboursé par la Sécurité sociale, il est apprécié à l'hôpital, en maisons de retraite, en entreprise et de plus en plus dans la vie de tous les jours.

Jean-Marie Bigard n'a pas eu à forcer son talent pour endosser son rôle dans le dernier film de Claude Lelouch, Chacun sa vie. L'humoriste aux sketchs volontiers crûs joue un médecin militant de la thérapie par le rire. «Le meilleur des médicaments» à ses yeux.

En 1998, Robin Williams - docteur Patch dans le film du même nom - avait déjà fait un carton au box-office américain dans cette comédie dramatique inspirée par la vie du fondateur de la première clinique basée sur l'humour.

À l'hôpital Trousseau, pourtant, le rire n'est pas une fiction, mais une réalité depuis vingt-cinq ans. Et ce ne sont pas les patients, ni leurs proches, et encore moins les soignants de cet établissement pédiatrique de l'AH-HP de l'est parisien qui s'en plaindraient.

Plaquée sur les grilles extérieures de l'hôpital, une mosaïque de portraits hilares du microcosme de Trousseau, signés Le LOL Project, accueille le visiteur. À l'intérieur, le mardi et le jeudi, c'est la journée des clowns. Avant d'entamer leur tournée, Emmanuelle et Michel, tous deux membres du Rire médecin - l'une des principales associations de clowns hospitaliers rémunérés - font le point sur l'état de santé de leur jeune public avec les infirmières. Malgré la forte activité matinale, ils sont reçus avec le sourire par cette jeune armada vêtue de blouses bleues et chaussée de Crocs colorés. Dix minutes plus tard, retour d'Emmanuelle et Michel à leur mini-loge pour se maquiller et enfiler leur tenue de scène. Toujours la même: une robe à volants orange, vert anis et noirs sur un collant turquoise pour Z'el Printemps/Emmanuelle et, pour Jules/Michel, une chemise rouge vif avec les chaussettes assorties et un pantacourt crème. Sans oublier, bien sûr, l'incontournable nez rouge. «C'est important pour les enfants, un repère», explique Z'el Printemps en secouant sa longue tresse violette. En revanche, aucun numéro ne se ressemble. L'improvisation est la règle, en mêlant le mime, la magie, les marionnettes, la danse, etc. Le plus sûr moyen de déclencher un sourire, voire ce rire si salvateur d'un public de 2 à 17 ans venu de tous horizons.

Premier arrêt dans une tournée qui en compte 20 à 30 selon les jours: Eric, 13 ans, les lunettes rivées à son ordinateur, lève à peine le nez. Le tandem tente de l'amadouer en demandant à son soi-disant «avocat" la permission de se produire. Peine perdue. Au bout de trois minutes, nos clowns font marche arrière, non sans avoir quand même réussi à arracher l'ombre d'un sourire au jeune patient. Si Eric est un spectateur difficile, son refus est jugé positif: «Le jeune exprime sa volonté dans un environnement qu'il subit, il construit ainsi sa résilience», analyse Jules. Une résilience clé dans la guérison. Le deuxième patient s'annonce plus facile. Les visages de Léo, 15 ans, et de sa mère, s'éclairent à l'entrée des clowns. Z'el Printemps propose le mariage à Leo. Enchanté, il la renvoie vers sa mère pour régler les détails de la fête - «une affaire de femmes» à ses yeux - et tout le monde rigole bien. À ce moment-là, il n'y a plus un malade, mais un ado qui partage un bon moment avec sa mère et des amis. «Les clowns recréent le lien social entre parents et enfants dans un contexte hospitalier qui peut les en éloigner", constate Céline Salvador, la jeune psychologue du service.

10 minutes de rire =30 minutes d'aviron

Les infirmières en témoignent, les soins sont plus faciles à donner lorsque les clowns sont là. L'attention du cerveau se déporte sur le sketch, réduisant la perception de la douleur ou l'appréhension du soin. L'explication est à la fois physique et psychologique. Spasmes respiratoires, massage de l'abdomen, contraction du diaphragme, mouvements d'une quinzaine de muscles du visage... le rire provoque tout le long du corps une cascade de réactions mécaniques favorisant l'oxygénation du sang, la réduction du taux de cortisol (stress), la sécrétion d'endorphines (hormones du «bonheur») et le renforcement du système immunitaire. C'est le moyen le plus rapide de mobiliser le maximum de neurones simultanément. Parmi les antidotes contre le stress, le rire est certainement le plus rapide, le plus accessible à tout le monde dès le plus jeune âge. Dix minutes de rire à gorge déployée est un exercice physique aussi efficace que trente minutes d'aviron, selon le docteur Williams Fry de l'université de Stanford. Avec des contre-indications très limitées. Largement partagée, cette capacité s'étiole avec l'âge. Si les bébés rient en moyenne 300 à 400 fois par jour (!), les adultes les plus performants peinent à dépasser la douzaine!

Tel un muscle, le rire s'entretient. Marianne, cadre dans un groupe pharmaceutique et fan inconditionnelle du Docteur Patch, en est bien consciente. Le rire est pour elle une véritable bouffée d'air. Depuis quatre ans, elle participe une fois par mois à des séances de yoga du rire organisées par une adepte de la méthode du médecin généraliste indien Madan Kataria et de son épouse, professeur de yoga. «Le rituel est toujours le même, explique-t-elle... Souriante! Après dix minutes d'échauffement musculaire, les participants sont invités à reproduire des saynètes d'une minute chacune sur un thème variable, les saisons, le cirque ou Noël, jouées initialement par l'animatrice. Le principe est de se regarder dans les yeux, de croiser une à plusieurs fois chaque participant, tout en se déplaçant dans la salle, mais sans parler. Enfin on passe au rire spontané." Allongés en étoile, la tête au centre, les participants sont alors suffisamment détendus pour rire de tout et de rien, et s'alimenter des trilles des voisins, où dominent les voyelles A, O, ou I. «Quand l'un s'arrête, l'autre redémarre, on a du mal à endiguer cette lame de fond qui vous secoue de la tête aux pieds. On revisite les fous rires de notre enfance.» Libérateur d'émotions, exceptionnellement de larmes, ce rire peut durer dix à quinze minutes. Après une courte relaxation, chacun peut partager son ressenti. Marianne se sent allégée de tout son stress, le septuagénaire Georges, si difficile à dérider, en sort ragaillardi. «Le rire des autres me fait du bien", note-t-il. Un aspect bien connu du rire, d'où l'importance de l'exercer collectivement.

Complicité et cohésion

Depuis son lancement à Mumbai en 1995, la pratique du yoga du rire a largement essaimé. Après l'Inde, qui compte quelque 10000 clubs du rire, les États-Unis, suivis du Japon et de l'Allemagne, sont les pays adeptes de la méthode Kataria. En France, où Fabrice Loizeau, un proche du fondateur indien, l'a introduite en 2002, «on compte près de 450 propositions à destination du grand public». Depuis cinq ans, de nouveaux acteurs s'y s'intéressent à commencer par les coaches, ces conseillers à tout faire, et de plus en plus d'entreprises aussi. Orange, Schneider, Kiabi, Sanofi et Groupama... autant de clients séduits par la convivialité, la créativité et l'humanité associées au rire.

Chez Volvo Trucks France, le directeur du marketing Eric Dubois, un bon vivant, a su développer avec son équipe des liens différents grâce au rire. «Cela crée une complicité et une cohésion très forte", constate Vanessa Bourdin, la trentaine avenante. On rit pour rire, il n'y a pas d'enjeux cachés.» Et sa collègue Catherine Petit d'insister: «En cas de situation un peu bloquée, c'est l'équivalent d'une pirouette, une échappatoire positive.» Nul doute que la personnalité du manager y est pour beaucoup comme la composition de son équipe, qui aime bien rigoler.

Marc Loriol, sociologue au CNRS, qui s'est intéressé à l'humour au travail le confirme: «Ceci ne marche que s'il y a déjà une certaine confiance dans le groupe." Car le rire n'est pas toujours bien vu dans l'univers professionnel. Certains le considèrent comme un acte de provocation, de contestation, voire de rébellion.

Mais on peut également, comme le moine Guillaume de Baskerville dans Le Nom de la rose d'Umberto Eco, le voir comme un instrument de vérité et de liberté. Sans mettre le feu à la bibliothèque.


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Peut-on soigner par le rire ?

A la question

Peut on soigner par le rire

Une des réponses possibles

 

 Formation ydr gabs

"Rire ce n'est pas fuir la réalité, c'est plonger corps et âme en pleine existence"  Alexandre Jollien

Choisir de rire

Le Yoga du Rire est une pratique, pas un divertissement.

Chaque individu peut influencer son niveau de bien-être selon les efforts qu'il fait ou pas.

Notre organisme ne fait pas la différence entre un rire intentionnel et un rire spontané

On obtient les mêmes bienfaits physiologiques et psychologiques au bout de 10 à 15 minutes de rire ample volontairement soutenu. 

Un entraînement régulier est nécessaire comme n'importe quel apprentissage (sinon ce serait comme décider de courir sans jamais courir). 

S'entraîner permet aussi d'améliorer notre équilibre émotionnel.

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