rire

Leçons de longévité

Sois heureux un instant omar khayyam

Chaque fois que votre impulsion vous conduit à râler, médire, juger, condamner, regretter, redouter, culpabiliser, envier, reprocher, se dévaloriser, se comparer, détester, jalouser, se venger… pensez à ceci :

« Le choix d’orienter nos pensées sur les éléments positifs ou négatifs de nos vies détermine notre santé et notre satisfaction de vie ».

Il ne s’agit pas d’une injonction au bonheur, mais de RÉÉQUILIBRER une tendance naturelle à repérer tout ce qui ne va pas (biais de négativité).

Comment des pensées bien choisies peuvent diminuer les raisonnements toxiques, les ruminations, la production d’émotions douloureuses et finalement améliorer nos vies ?

Il est établi que sélectionner délibérément des pensées favorables renforce notre humeur, notre bien-être et notre santé. Dit comme cela, tout paraît simple, trop simple. Nous savons tous que les pensées indésirables et les idées sombres n’obéissent pas à notre volonté.

– Pas besoin de faire des recherches sur le cerveau pour savoir que l’on va mieux quand on se sent bien et quand on pense des choses agréables ! Mais le monde n’est pas un conte de fées, la vie est difficile. Vous êtes gentil, mais j’ai du travail, des contraintes, des problèmes sérieux à régler, alors vos histoires de bons sentiments, c’est bien joli sur le papier, mais je n’y crois pas.

– Mais ce ne sont pas des croyances, ce sont des conclusions de travaux sérieux qui étudient les comportements des gens les plus doués pour se sentir bien et analysent par des moyens scientifiques ce qui les distingue des autres.

– Eh bien prouvez-le-moi ! 

Une étude convaincante

Si je veux vous convaincre que les pensées que vous choisissez de développer ont une incidence directe sur votre santé, il faudra disposer d’une étude qui compare deux groupes de personnes, l’un pensant plutôt positivement, l’autre négativement, puis surveiller leur santé sur une longue période. On pourra alors repérer les modes de pensée qui influencent, en bien ou en mal, la santé. Cela paraît déjà compliqué, mais si ces personnes ont des métiers différents, un environnement, une alimentation et un entourage différents, vous pourrez toujours contester les résultats, à juste titre, en remarquant que les modifications de santé peuvent être dues à n’importe quelle autre cause, alimentaire, professionnelle ou environnementale.

Il nous faut donc trouver deux populations qui pensent différemment, mais qui ont les mêmes métiers, horaires, alimentation, environnement et même famille ! Bref, les mêmes vies, cela paraît impossible et pourtant des chercheurs ont trouvé [i].

Les religieuses qui vivent plus longtemps

Dans une étude particulièrement élégante, ils ont suivi une communauté de religieuses de Baltimore et de Milwaukee, en reprenant l’ensemble de leur vie, depuis leur entrée au couvent jusqu’à leur décès.

Comment mesurer leurs pensées ? Cette étude présente l’originalité de disposer d’une autobiographie manuscrite des jeunes filles à leur entrée au couvent (vers l’âge de 22 ans en moyenne), un texte assez long et significatif pour mesurer statistiquement les contenus à connotations négatives et positives. Il est possible de repérer dans ces textes, les personnes orientées vers les éléments positifs de la vie et celles plus sensibles aux événements négatifs. Comment en mesurer l’influence sur la santé ? En calculant leur longévité entre 75 et 95 ans.

La force de cette étude est la mise en évidence d’un puissant lien entre paroles positives à l’entrée au couvent et longévité. Par rapport aux 25 % les plus positives, le risque de décès chez les 25 % les plus négatives était multiplié par 2,5 ! Ces résultats incroyables sont significatifs puisque ces personnes ont été exposées aux mêmes conditions de vie et au même métier. Ainsi, la simple façon de voir les choses, de choisir des pensées positives ou négatives à 22 ans peut retentir 60 ans plus tard sur l’état de santé tout au long d’une vie !

Du point de vue neurologique :

Nos pensées sont contagieuses pour nous même, et pour les autres. Elles ne se limitent pas à une simple réaction aux événements, mais nous transforment dans notre chair. La plasticité cérébrale est la propriété des neurones à s’adapter à une information. Si le signal est répétitif, il va modeler nos réseaux cérébraux, l’information va passer plus vite et plus fort, elle sera plus présente, plus mémorisable, plus saillante. Autrement dit, si vous entraînez votre cerveau à se focaliser sur ce qui ne va pas (ce qu’il a tendance à faire naturellement, c’est le biais de négativité) vous deviendrez de plus en plus doué pour repérer ce qui ne va pas et pour favoriser les humeurs sombres. L’inverse est aussi vrai. Des travaux de psychologie comportementale montrent que repérer ce qui fonctionne nous rend plus apte à éprouver et développer des émotions et pensées agréables, nous devenons plus serein, plus fort et plus entreprenant.

Pourquoi cultiver les pensées agréables a-t-il un effet aussi marqué sur notre santé ?

Choisir de s’orienter vers les événements positifs de nos vies atténue nos réactions de stress chronique, diminue les processus inflammatoires en lien avec le stress et améliore les capacités de défense immunitaire de notre corps [ii].

L’étude de Baltimore n’est pas isolée, elle montre une corrélation entre pensées et santé, mais ne fournit cependant pas de preuve de cause à effet. Pour cela il existe une quantité impressionnante de travaux (en particulier dans les domaines de l’anxiété et de la dépression) [iii] montrant que notre activité mentale consciente peut agir sur nos humeurs négatives et notre bien-être [iv]. Ce qui fonctionne sur des patients atteints de troubles prononcés, s’avèrera plus facile à appliquer aux contrariétés habituelles. Vous ne possédez peut-être pas le don naturel de sélectionner les pensées favorables à votre bien-être, heureusement cela s’apprend (avec la pratique régulière du yoga du rire par exemple). Avec un peu de savoir-faire, de motivation et de persévérance. L’expérience prouve que les résultats sont à notre portée.

Les applications pratiques

Comment appliquer ces beaux principes dans la vraie vie ? Par où commencer pour influencer nos pensées ? La prise de conscience, un bon début.

« Un sentiment ne peut être contrarié ou supprimé que par un autre sentiment plus fort » - Baruch Spinoza

1) Acceptation. Les émotions précèdent nos pensées et sont à l’origine de nos jugements. Pour agir durablement sur nos pensées indésirables, il faut assez de lucidité pour prendre conscience de nos émotions, afin de les accepter. L’émergence d’une émotion n’est pas contrôlable, il faut l’accepter pour « libérer » la part consciente de son cerveau, qui pourra passer à autre chose. Les personnes habituées à réprimer leurs émotions (par culture ou à la suite d’expériences traumatisantes) devront faire un effort, pour apprendre à ressentir tout simplement une émotion. Cette prise de conscience peut être entravée par nos raisonnements, masquant l’émotion sous-jacente. La difficulté sera alors de prendre conscience de la nocivité de certains raisonnements. Nous ignorons souvent que ce sont nos émotions qui influent les raisonnements.

2) Entrainer notre mental à revenir au présent en abandonnant les idées nocives, c’est le principe de la pleine conscience qui se travaille par des séances de méditation de mindfulness[v]. C'est aussi le principe du yoga du rire qui est assimilé à une méditation dynamique.

Une part de notre cerveau passe son temps à échafauder des scénarios, à remémorer et décortiquer des épisodes passés, c’est une fonction indispensable pour anticiper les difficultés et aider la prise de décision. Un réseau cérébral (le réseau par défaut) s’active quand l’attention n’est plus concentrée sur une tâche présente. Il est tourné vers notre monde intérieur et ouvre la porte aux errements et ruminations.

Nous devons donc apprendre à débrancher ce pilote automatique, à passer du mode « penser » au mode « ressentir ». Ce n’est pas évident car cet automatisme fait partie de nos habitudes. Il faut donc faire un effort mental pour en sortir. La pratique consiste à orienter son attention sur les perceptions du présent, sans jugement, avec bienveillance. 

Ne pas s’accrocher à ses pensées, implique de les accepter et de les prendre pour de simples idées qui ne font que passer, au lieu de les tenir pour des vérités. Les pensées sont une interprétation du monde, elles ne sont pas le monde. En prenant le parti-pris d’accepter tous nos ressentis sans les juger, nous désamorçons cette machine à ruminer qui se met en route à chaque fois que nous portons un jugement négatif. Il est bon de savoir que lorsque nous rions, notre machine à ruminer se déconnecte. Physiologiquement, il est impossible de rire vraiment et de penser en même temps !

3) Orientation positive : entraîner son esprit à repérer ce qui nous fait du bien. Pour des raisons de survie de l’espèce, le cerveau est entraîné à repérer et traiter les informations négatives en priorité. C’est utile, mais parfois usant. D’innombrables études montrent qu’orienter son attention sur les éléments positifs de la vie augmente nos capacités à affronter l’adversité [vi], approfondit nos liens sociaux, notre motivation, lutte contre le stress et les tendances à la dépression ou à l’anxiété [vii].

Nous allons réapprendre à nous focaliser sur des événements heureux de notre existence. Cela peut passer par une prise de conscience de tous les instants, mais aussi par des petits exercices délibérés, pour rééduquer notre cerveau [viii].

L’exercice des trois bienfaits par jour [ix] : chaque jour pendant une ou deux semaines, prendre dix minutes (par exemple au coucher) pour noter dans un carnet, trois moments de la journée qui se sont bien passés et vous ont apporté satisfaction. Ces événements sont trois bonnes raisons d’éprouver de la gratitude. Noter une explication détaillée des causes, apporter un maximum de détails, ce qui a été dit ou fait, inclure les émotions ressenties sur le moment ou à distance, établir les causes et l’évolution de l’épisode.

Il est important de noter par écrit, ne pas se contenter d’y penser, cela permet un approfondissement de la réflexion et une meilleure mémorisation. Plus l’épisode est détaillé, plus les effets seront profonds. Cet exercice a montré une efficacité remarquable, se prolongeant plus de six mois après le test. 

4) Réévaluation cognitive : il s’agit d’une des méthodes les plus employées et reconnues en psychothérapie cognitive [x]. A partir du moment où les émotions sont acceptées et où nous avons pris de la distance avec nos pensées, il devient plus facile de remplacer les idées nocives par une autre vision. Une réalité complexe peut toujours être abordée sous plusieurs angles. En privilégiant une approche plus favorable à nos ressentis, nous améliorant notre état mental. Apprenons par exemple à nous focaliser sur ce qui nous renforce plutôt qu’à recenser et ruminer nos inquiétudes ou nos ressentiments.

Il existe bien d’autres démarches pour mettre à distance les pensées nocives activité physique, relaxation, cohérence cardiaque, imagerie mentale, culture de la qualité relationnelle, sophrologie, yoga du rire...

En somme, orienter notre attention sur ce qui nous renforce, ne dépend que de nous et de notre détermination. Une bonne motivation et un peu de persévérance peuvent améliorer sensiblement nos vies, notre santé et nos relations.

Pour en savoir plus sur le yoga du rire et les neurosciences, c'est ICI

Ces lignes sont adaptées de deux ouvrages : “Je rumine, tu rumines, nous ruminons” et “Ces émotions qui nous dirigent”

[i] DANNER D.D., SNOWDON D.A., FRIESEN W.V., Positive emotions in early life longevity : findings from the nun study, Journal of personality and social psychology, 80, 2001.
[ii] SIN N.L., GRAHAM-ENGELAND J.E., ONG A.D., ALMEIDA D.M., Affective Reactivity to Daily Stressors Is Associated With Elevated Inflammation, Health Psychology, Jun 1, 2015.
[iii] GLOAGUEN V., COTTRAUX J., CUCHERAT M., BLACKBURN I., A meta-analysis of the effects of cognitive therapy in depressed patients, Journal of Affective Disorders, 49, 59-72, 1998.
[v] GOTINK R.A., CHU P., BUSSCHBACH J.J., BENSON H., FRICCHIONE G.L., HUNINK M.G, Standardised mindfulness-based interventions in healthcare: an overview of systematic reviews and meta-analyses of RCTs, PLoS One, 10(4), 2015 Apr 16.
[vi] Janoff-Bulman, R., & Berger, A. R. (2000). The other side of trauma:Towards a psychology of appreciation. In J. H. Harvey & E. D. Miller(Eds.),Loss and trauma: General and close relationship perspectives (pp. 29–44). Philadelphia: Brunner-Routledge.
[vii] Emmons,R.A., Mc Cullough,M.E., (2003) Counting blessing versus burdens : an experimental investigation of gratitude and subjective well-being in daily life. Journal of personality and social Psychology, 84
[viii] Jordi Quoidbach,Moïra Mikolajczak,James J. Gross. Positive Interventions: An Emotion Regulation Perspective.Psychological Bulletin 2015 American Psychological Association.2015, Vol. 141, No. 2, 000 0033-2909/15/$12.00
[ix] Seligman, M.E.P., Steen, T.A., Park, N., Peterson, C. (2005) Positive psychology progress. American Psychologist, 60.(5) 410-21
[x] GLOAGUEN V., COTTRAUX J., CUCHERAT M., BLACKBURN I., A meta-analysis of the effects of cognitive therapy in depressed patients, Journal of Affective Disorders, 49, 59-72, 1998.

Source 

Neurosciences, rire & découverte

Source rire in brain

Si le rire est vraiment le meilleur remède, ne serait-il pas formidable de pouvoir en savoir plus sur ce qui se passe dans le cerveau quand on rit ? 

Les neuroscientifiques ont récemment réalisé d'importants progrès sur ce front en identifiant une partie du cerveau qui, une fois stimulée, ne manque jamais de provoquer des sourires et des éclats de rire.

Dans leur étude menée chez trois patients soumis à une cartographie du cerveau par stimulation électrique dans le cadre d'un traitement contre l'épilepsie, l'équipe financée par les NIH a découvert que la stimulation d'un faisceau spécifique de fibres neurales, appelé cingulum*, provoquait des éclats de rire, des sourires et un sentiment de calme. Les découvertes apportent non seulement un éclairage nouveau sur la biologie du rire, mais elles permettent également aux chercheurs de mettre au point de nouvelles stratégies pour traiter diverses affections, notamment l'anxiété, la dépression et la douleur chronique.

Chez les personnes atteintes d'épilepsie dont les crises sont mal contrôlées par des médicaments, une intervention chirurgicale visant à retirer le tissu cérébral provoquant des crises est parfois utile. Les personnes en attente d'une telle chirurgie doivent d'abord subir une procédure appelée électroencéphalographie intracrânienne(iEEG). Cela implique de placer temporairement 10 à 20 réseaux d'électrodes minuscules dans le cerveau pendant plusieurs semaines, afin de déterminer la source des crises du patient dans le cerveau. Avec la permission du patient, ces électrodes peuvent également permettre aux médecins-chercheurs de stimuler différentes régions du cerveau du patient afin de cartographier leurs fonctions et de faire des découvertes potentiellement nouvelles et inattendues.

Dans la nouvelle étude publiée dans le Journal of Clinical Investigation , Jon T. Willie, Kelly Bijanki et leurs collègues de la faculté de médecine de l'Université Emory, à Atlanta, ont examiné une jeune fille de 23 ans subissant iEEG pendant 8 semaines en vue de sa chirurgie. traiter son épilepsie incontrôlée [1]. Une des électrodes implantées dans son cerveau était située dans le faisceau de cingulum et, lorsque cette zone était stimulée à des fins de recherche, la femme éprouvait un besoin incontrôlable de rire. Non seulement la femme avait des sourires et des rires, mais elle a également déclaré se sentir détendue et calme.

Afin de vérifier de manière plus objective son humeur, les chercheurs ont demandé à la femme d'interpréter l'expression des visages sur un écran d'ordinateur comme étant heureuse, triste ou neutre. La stimulation électrique du faisceau de cingulum l'a amenée à voir ces visages comme plus heureux, signe d'une humeur généralement plus positive. Une évaluation complète de son état mental a également montré qu'elle était pleinement consciente et alerte.

Pour confirmer les résultats, les chercheurs ont examiné deux autres patients, un homme âgé de 40 ans et une femme âgée de 28 ans, qui subissaient l'un et l'autre un traitement par iEEG au cours d'un traitement contre l'épilepsie. Chez ces deux volontaires, la stimulation du faisceau de cingulum a également déclenché des éclats de rire et réduit l'anxiété avec une cognition normalement normale.

Willie note que le faisceau de cingulum relie plusieurs zones du cerveau. Il compare cela à une super autoroute avec de nombreuses rampes d'accès. Il soupçonne que l'endroit qu'ils ont découvert se trouve à une intersection clé, donnant accès à divers réseaux cérébraux régulant l'humeur, les émotions et les interactions sociales.

Des recherches antérieures ont montré que la stimulation d'autres parties du cerveau peut également amener les patients à rire. Cependant, ce qui fait de la stimulation du faisceau de cingulum une approche particulièrement prometteuse est qu’il déclenche non seulement le rire, mais réduit également l’anxiété. Tout comme le yoga du rire (qui est bien sûr nettement moins invasif ^^))

Les nouvelles découvertes suggèrent que la stimulation du faisceau de cingulum pourrait être utile pour calmer les angoisses des patients lors de neurochirurgies dans lesquelles ils doivent rester éveillés. En fait, l'équipe de Willie l'a fait lors de la chirurgie d'épilepsie de leur femme âgée de 23 ans. Chaque fois qu'elle était en détresse, la stimulation procurait un soulagement immédiat. De plus, si la stimulation cérébrale profonde traditionnelle ou des méthodes moins invasives de stimulation cérébrale peuvent être développées et jugées sûres pour une utilisation à long terme, elles peuvent offrir de nouvelles façons de traiter la dépression, les troubles anxieux et la douleur chronique.

Pendant ce temps, l'équipe de Willie travaille d'arrache-pied en utilisant des approches similaires pour cartographier les zones du cerveau impliquées dans d'autres aspects de l'humeur, notamment la peur, la tristesse et l'anxiété. Avec le travail multidisciplinaire mis en place par l' initiative BRAIN menée par les NIH , ce type d'études promet de révéler des fonctionnalités du cerveau humain jusqu'alors inaccessibles, avec des conséquences profondes pour les neurosciences et la médecine humaine.

Référence :

[1] La stimulation du cingulum améliore l'affect positif et l'anxiolyse pour faciliter la craniotomie éveillée . Bijanki KR, JR Manns, Inman CS, Choi KS, S Harati, NP Pedersen, Drane DL, AC Waters, RE Fasano, HS Mayberg, Willie JT. J Clin Invest. 2018 27 décembre.

Liens :

Vidéo: Réponse du patient  (Bijanki et al. Le Journal of Clinical Investigation)

Page d'information sur l'épilepsie (Institut national des maladies neurologiques et des accidents vasculaires cérébraux / NIH)

Jon T. Willie  (Université Emory, Atlanta, GA)

Soutien des NIH: Institut national des maladies neurologiques et des accidents vasculaires cérébraux; Centre national pour l'avancement des sciences translationnelles

Source 1  /  Source 2 

 

Prendre du recul dans les situations stressantes ?

3 types de stress

et ensuite...

Multiplier les points de vue

Il s’agit d’exprimer plusieurs points de vue rapides de personnes qui seraient confrontées à la même situation.

Plus la palette des personnes imaginées est grande, plus cet exercice est apaisant.

Pour que l’exercice soit efficace, prendre des points de vue caricaturaux, farfelus, stéréotypés, tous très différents (un policier, un poète, un chat, le président de la république, un martien, la belle mère…)

  • Qu’est-ce qu’ils penseraient de la situation ?

  • Qu’est-ce qu’ils me diraient ?

  • Que feraient ces personnes dans la même situation ?

L’idée est de percevoir la situation sous un autre angle.

Choisir une situation stressante.

Évaluer son niveau de stress de 1 à 10 dans cette situation.

Multiplier les points de vue sur cette même situation.

Par exemple, « je suis stressé(e) car ma fille veut devenir artiste » -> « Qu’en penserait un acteur ? Quel serait son discours sur les réalités de ce métier ? ».

 

Les pensées alternatives

Cet exercice permet de mettre une situation de stress en perspective en travaillant sur la relativité, l’adaptation et la curiosité.

  • Choisir et décrire une situation perçue comme négative et stressante

  • Décrire le ressenti, le type de stress perçu (anxiété, agressivité, découragement, envie de fuite…)

  • Imaginer des pensées alternatives :

    • À quelles alternatives puis-je penser ?

    • Dans un conflit (si je me mettais à la place de l’autre): qu’est-ce qu’il peut bien penser ?

    • Qu’est-ce que je peux changer dans cette situation ? Sur quels éléments ai-je du pouvoir ?

    • Qu’est-ce qui n’est pas sous mon contrôle ?

    • Si quelqu’un d’autre était dans ma situation, qu’est-ce que je lui dirais ?

    • De quelles ressources personnelles ai-je besoin pour gérer cette situation ?

    • Comment je me sens une fois toutes ces pensées évoquées ?

    • Est-ce que mon stress a changé ? a-t-il diminué ?

 

Ouvrir les possibles par des pensées positives et motivantes

Curiosité :

Pour savoir, j’ai besoin d’essayer.

Je me jette à l’eau.

Le nouveau m’attire.

Et si je voyais cette situation comme une nouvelle expérience ?

Comment découvrir ce que cette situation m’apporte ?

Adaptation :

Faire l’autruche, c’est reculer pour mieux sauter.

Regarder les choses en face sans les nier, c’est l’occasion de rebondir.

J’aime les surprises et l’imprévu.

Et pourquoi pas ?

Qu’est-ce que je peux changer à cette situation ?

Nuance :

Ne jugeons pas sans savoir.

Les apparences sont parfois trompeuses.

Quel est le besoin non exprimé et sous jacent ?

Comment pourrais-je nuancer mon point de vue ?

Quels sont les avantages et les inconvénients de cette situation ?

Relativité :

Qu’est-ce que j’en penserai demain matin après que la nuit m’ait porté conseil ?

Qu’est-ce que j’en penserai dans 10 ans ?

Que pourrait en penser un tel ou une telle ?

Réflexion :

J’aime comprendre la logique des choses.

Quelles sont les règles invisibles qui gouvernent les événements ?

Quelles sont les causes et les conséquences de cette situation ?

Opinion personnelle :

Qu’est-ce que je gagne à toujours vouloir avoir raison ?

Qu’en dit mon cœur ?

Quels sont mes émotions et mes besoins ?

Quels sont les émotions et les besoins de l’autre ?

Quelle est la bonne raison d’agir de l’autre ?

…………………………………………………………………………..

Source

Le rire peut guérir

De toutes les recherches sur la capacité de guérison du rire, aucune histoire ne dépasse celle de Norman Cousins.

D’accord : certains vont dire que cette histoire est anecdotique ou même qu’elle est exagérée.

N’empêche que cette affaire illustre un phénomène qui est beaucoup plus courant qu’on ne le dit : un malade décide de se prendre en main et de changer radicalement d’attitude face à la maladie. Et voilà que, solidement installé dans le siège du pilote, tenant enfin les manettes de sa propre vie, il se met brutalement – et inexplicablement – à aller mieux.

A-t-on besoin de croire aux miracles pour accepter cela ? 

Une maladie « incurable »

Norman Cousins était un journaliste américain très connu, rédacteur en chef de la Saturday Review.

En 1964, ses médecins lui apprirent qu’il était atteint de spondylarthrite ankylosante. C’est une maladie incurable de la colonne vertébrale provoquant des douleurs dans le bas du dos et un raidissement articulaire. Tendons, ligaments et articulations se calcifient. À terme, les vertèbres ne forment plus qu’un seul bloc…

Cette maladie est très douloureuse, mais n’a pas de traitement à part des anti-douleurs, dont les effets secondaires peuvent être redoutables. Norman Cousins raconte même que ses médecins ne lui donnaient pas 1 chance sur 500 de survivre [2].

Confronté à ce sombre avenir, Norman Cousins se lança dans ses propres recherches. Il avait en effet une formation médicale, ayant été professeur adjoint à l’Ecole de Médecine de l’UCLA [3], et il fit trois choses absolument contraires à l’avis de ses médecins.

1) Prendre de la vitamine C à haute dose

La première fut d’étudier à fond tous les médicaments qu’il prenait. Il découvrit que ses traitements épuisaient ses réserves de vitamine C et, sur la base de ses recherches personnelles, parvint à convaincre ses médecins d’arrêter de lui donner plusieurs médicaments, et de lui injecter de très hautes doses de vitamine C, dont il estimait qu’elles étaient son dernier espoir.

2) Quitter l’environnement anxiogène de l’hôpital

Ensuite, Cousins décida de quitter l’hôpital et de s’installer dans une chambre d’hôtel. Il estimait que les hôpitaux, avec leur nourriture déplorable, leur hygiène douteuse, leur culture de la surmédicalisation, leur atmosphère de négativité et leur perturbation systématique du rythme du sommeil des patients, n’étaient « pas des endroits faits pour les personnes vraiment malades », selon ses termes.

3) Regarder des films comiques

Troisième chose, Cousins se procura un projecteur et un stock de films comiques, dont de nombreuses « Caméras cachées » et des films des Marx Brothers. Durant sa première nuit à l’hôtel, il rit tellement en regardant ces films qu’il parvint ensuite à dormir plusieurs heures sans ressentir de douleur. Le rire avait stimulé sa production d’endorphines, des produits chimiques aux effets anesthésiants fabriqués naturellement par le corps.

Lorsque la douleur se réveillait, il remettait les films en route et, après avoir bien ri, parvenait de nouveau à s’endormir.

Il raconte qu’en mesurant sa vitesse de sédimentation, un des examens de routine effectué au cours d’un bilan sanguin et qui permet de mesurer l’inflammation et les infections, il observa que son taux diminuait de 5 points chaque fois qu’il regardait un de ces films.

Guérison miraculeuse

Il put bientôt arrêter tous les médicaments, sauf la vitamine C et le rire.

Il décrivit les semaines qui suivirent comme une longue cure de rire qui le ramena peu à peu à la santé. Il put ainsi reprendre son travail à la Saturday Review, tandis qu’il continuait son traitement original.

Il est évident que le succès de ce traitement a beaucoup tenu à l’attitude même que Norman Cousins décida d’adopter.

En plus de garder, et stimuler, sa capacité à rire, c’est un homme qui croyait profondément en l’amour, la foi, et l’attitude positive face à l’existence (il fut un combattant acharné du désarmement nucléaire). Sa force de caractère et sa volonté de vivre contribuèrent certainement à sa guérison miraculeuse.

Déclencher l’effet placebo volontairement

Alors qu’il était à l’hôpital, il théorisa le fait que, si les émotions négatives comme la colère et la frustration peuvent nuire à la santé, cela pouvait aussi vouloir dire que, réciproquement, des émotions positives comme la joie et le rire pouvaient avoir l’effet opposé.

Certains parleront évidemment d’effet placebo. Mais Cousins s’est posé lui-même la question. Il en conclut que la créativité est la cause centrale de l’effet placebo : elle déclenche une chaîne d’événements dans le corps qui rétablit les équilibres (homéostasie) et l’impression de bien-être.

On peut donc, par l’effet de la volonté, déclencher un effet placebo, entraînant la guérison.

Relation de confiance avec le médecin

Il attribua enfin une grande partie de son succès à sa relation très proche et amicale avec son médecin, qui soutenait à deux mains sa démarche et l’encourageait dans son approche expérimentale malgré le fait qu’elle ne correspondait pas aux idées préconçues de la médecine.

Cette importance capitale de la relation patient/médecin est presque universellement reconnue et vérifiée statistiquement comme le facteur le plus important dans les chances de guérison en psychanalyse. Mais la chose pourrait-elle également être vraie dans le monde de la médecine ? Le cas de Norman Cousins contribue à nous le faire penser.

L’aspect le plus fascinant de l’histoire de Norman Cousin était sa capacité à rire, malgré des douleurs intenses et, très probablement, une grande angoisse, celle qui s’empare de toutes les personnes à qui l’on annonce qu’elles sont atteintes d’une maladie incurable.

Mais il mit un point d’honneur à rire jusqu’à se faire mal à l’estomac, de ce rire inextinguible qui allait jusqu’à déclencher un puissant effet antidouleur. Dans son livre, il cite de nombreux penseurs qui, à travers les âges, avaient réalisé comme lui la capacité de guérison du rire, et cette liste inclut le philosophe anglais Francis Bacon, Emmanuel Kant, Sigmund Freud et le Dr Albert Schweitzer. Sans doute cette liste pourrait être beaucoup plus longue.

Car ultimement, le rire pourrait être un moyen pour l’être humain de sortir de lui-même, de ses limites, et de trouver l’itinéraire qui le ramène à la santé. C’est pourquoi le voyage de Norman Cousins qui, grâce au rire, l’a ramené à la vie, peut être pour nous tous une source d’inspiration.

 


Source

Yoga du rire & Mindfulness à l'école

La joie

Programme d'entraînement à l'attention 

du CP au CM2 

La question du bien-être et de la joie de l'enfant est centrale dans tout processus éducatif. 

Un enfant qui vit des émotions positives par exemple, retiendra mieux et comprendra mieux qu’un enfant stressé.

Ça nous paraissait intuitivement évident ? C’est maintenant scientifiquement prouvé.

Lorsque l’enfant se sent mal car son environnement lui est désagréable (il se sent en insécurité, en colère, humilié, angoissé), son cerveau secrète deux hormones : le cortisol et l’adrénaline.

Le cortisol est l’hormone du stressIl agit comme un véritable poison qui affecte les capacités de bien-être et de réflexion et l’empêche d’accéder aux fonctions du cerveau qui lui permettent de réfléchir (le cortex préfrontal).

Quand il se sent bien, le cerveau va secréter de l’ocytocine (hormone du plaisir et de l’attachement), de la dopamine, de l’endorphine (des neurotransmetteurs qui dynamisent les capacités d’apprentissage en classant au mieux les informations), et de la sérotonine. Tout cela lui permet d’apprendre dans des conditions optimales.

Pour augmenter ses émotions positives, l’enfant peut :

  • Visualiser tout ce qui est positif (en lui, dans sa vie)
  •  
  • Rire
  •  
  • Se souvenir de moments de réussite et des moments heureux (les afficher au mur)
  •  
  • Ecouter un morceau de musique qui lui plaît
  •  
  • Recevoir des encouragements

C'est pourquoi chaque jour, 5/10 minutes peuvent être consacrées à la pratique d'exercices de hasya yoga (yoga par le rire) et 5/10 minutes de méditation dite "pleine conscience".

Les 2 pratiques permettent d'évacuer les tensions, d'oxygéner profondément tout l'organisme, d'installer un mental positif et de préparer l'enfant à apprendre dans des conditions optimales.

Vous êtes enseignant(e) et ce programme vous intéresse ? Appelez-nous !

 Formation ydr gabs

"Rire ce n'est pas fuir la réalité, c'est plonger corps et âme en pleine existence"  Alexandre Jollien

Choisir de rire

Le Yoga du Rire est une pratique, pas un divertissement.

Chaque individu peut influencer son niveau de bien-être selon les efforts qu'il fait ou pas.

Notre organisme ne fait pas la différence entre un rire intentionnel et un rire spontané

On obtient les mêmes bienfaits physiologiques et psychologiques au bout de 10 à 15 minutes de rire ample volontairement soutenu. 

Un entraînement régulier est nécessaire comme n'importe quel apprentissage (sinon ce serait comme décider de courir sans jamais courir). 

S'entraîner permet aussi d'améliorer notre équilibre émotionnel.

Arbre ydr rose grand format web