L'essentiel c'est de donner à réfléchir

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Yoga du rire & Neurosciences
- Le Mar 03 mai 2016

Les approches corps-esprit sont des techniques et des thérapies qui mettent l’accent sur les interactions entre les pensées, les émotions, le psychisme et le corps physique. L’étude de ces interactions a donné lieu à une discipline qu’on appelle psychoneuroimmunologie. Elle explore les liens complexes entre la conscience (psycho), le système nerveux (neuro) et les mécanismes de défense de l’organisme contre les agents infectieux et la division cellulaire aberrante (immunologie).
En anglais, on l’appelle couramment mind-body medicine. Ce n’est toutefois pas une technique médicale à proprement parler. Il s’agit plutôt d’un concept plus ou moins bien défini qui propose de prendre en compte, dans quelque thérapie que ce soit, non seulement les aspects strictement physiques ou matériels, mais également ce qui relève de la « conscience ».
Les grands médecins, philosophes et penseurs de l’Antiquité affirmaient que l’esprit influence la santé (Mens sana in corpore sano – et vice versa). On n’a toutefois pu entreprendre de vérifier scientifiquement cette notion que dans la deuxième moitié du XXe siècle, avec l’apparition de spécialités comme les neurosciences. C’est alors qu’on s’est mis à étudier, entre autres, l’influence que pouvaient avoir les pensées, les croyances, les émotions et les sentiments sur la mobilisation des défenses immunitaires par l’organisme.
Les diverses approchesLe domaine des approches corps-esprit n’est pas défini avec précision. Il est clair que les interventions purement physiques (chirurgie, médication, manipulations corporelles) n’en font pas partie, même si la relation personnelle entre un intervenant et son patient pourrait avoir une certaine influence sur l’issue d’un traitement. À peu près toutes les autres approches qui ont des visées thérapeutiques et qui possèdent une composante émotive ou psychologique pourraient être incluses, de l’abandon corporel à la programmation neurolinguistique en passant par l’art-thérapie et les techniques énergétiques comme le Reiki ou le toucher thérapeutique.
Les approches qui composent plus spécifiquement la psychoneuroimmunologie sont les suivantes :
- Relaxation : hypnose, autohypnose, sophrologie, visualisation, training autogène, biosynergie, tai-chi, Qi Gong, yoga (dont le yoga du rire)
- Intériorisation : méditation, réponse de relaxation...
- Toutes les psychothérapies et les techniques psychocorporelles
- Biofeedback
- Approches psychosociales : groupes d'entraide, soutien social, amis, etc.
Le stress
On a d’abord observé qu’un excès de stress avait manifestement une influence négative sur la santé. Des études in vitro, des essais sur des animaux et des observations sur les humains ont permis d’émettre l’hypothèse que le stress, qu’il soit de nature physiologique ou psychologique, pouvait contribuer à affaiblir ou à dérégler le système immunitaire.
Ainsi, le stress chronique (relié au travail, aux relations interpersonnelles, à l’environnement physique ou social, aux problèmes financiers, etc.) aurait une incidence significative sur l’apparition et l’évolution de plusieurs maladies. Parmi celles-ci : les maladies infectieuses, l’arthrite, l’asthme, les troubles cardiaques et le cancer.
Les preuves qu’il existe un lien significatif entre « l’état intérieur » et les maladies – entre le corps et l’esprit – continuent de s’accumuler. Une étude rétrospective a été effectuée en 2004. Elle a porté sur 11 119 patients, de 52 pays, ayant souffert d’un infarctus du myocarde qu’on a comparés à 13 648 sujets semblables, mais sans problèmes cardiaques. Les chercheurs ont conclu que les risques de maladies cardiovasculaires étaient clairement associés au taux de stress auquel les sujets avaient été soumis au cours de l’année précédente.
On a constaté que le rôle du stress dans l’incidence de ce type de maladie était beaucoup plus important que ce qu’on avait cru précédemment. Le stress, comme facteur de risque, sans être aussi grave que celui associé au tabagisme, se compare à celui causé par l’hypertension ou par l’obésité abdominale.
Plusieurs chercheurs ont émis l’hypothèse que, à l’inverse, une bonne maîtrise du stress et des fonctions du psychisme pourrait avoir des effets bénéfiques sur l’immunité, ce qui constitue le fondement même de la psychoneuroimmunologie et des approches corps-esprit. En agissant sur l’esprit, sur l’intellect ou les émotions, on pourrait influencer directement les mécanismes physiologiques qui participent à la prévention et à la guérison des maladies.
Les mécanismes d’action
De nombreuses hypothèses sont présentement à l’étude pour tenter de comprendre les relations fort complexes entre le corps et l’esprit. La piste la plus souvent évoquée établit un lien entre « l’état d’esprit » et la sécrétion de diverses substances (hormones, protéines, neurotransmetteurs) qui modulent de multiples fonctions physiologiques.
On a, par exemple, découvert que le stress et les pensées ou les émotions négatives pouvaient stimuler la production des cytokines. Ces petites protéines très puissantes sont sécrétées par des globules blancs (qui ont pour fonction de défendre l'organisme contre les infections) et sont responsables de la régulation de la réponse immunitaire et de la communication intercellulaire. Mais si le stress est trop intense, ou devient chronique, il peut y avoir surproduction de cytokines. Cela contribuerait à aggraver divers processus inflammatoires associés à un grand nombre de maladies (troubles cardiovasculaires, ostéoporose, arthrite, diabète de type 2, cancers, maladie d’Alzheimer, fragilité des personnes âgées, maladies des gencives et divers troubles dégénératifs).
Selon des recherches récentes, les effets positifs des approches corps-esprit sur le système immunitaire pourraient être attribuables à l’influence que la conscience (pensées, croyances, émotions, sentiments) aurait sur le système endocrinien. Ce système comprend 4 glandes principales (thyroïde, parathyroïde, surrénale et hypophyse) qui sécrètent diverses hormones ayant une influence considérable sur l'organisme. Le système endocrinien règle, entre autres, les mécanismes de la température, de la faim et de la soif, et régularise le sommeil, l'activité sexuelle ainsi que les émotions et les activités instinctives. Il jouerait un rôle d’interface entre le système nerveux central et le système immunitaire. On est toutefois encore bien loin de comprendre tous les mécanismes qui régissent les approches corps-esprit.
Nous vous présentons ici un compte rendu des recherches qui ont été faites sur les effets les plus notables des approches corps-esprit.
Recherche
Traiter de nombreux problèmes de santé.
Diverses approches associées à la psychoneuroimmunologie ont donné de bons résultats dans le traitement de la dépression, de l’incontinence fécale, de l’hypertension, du trouble de déficit de l’attention, du diabète, de l’obésité, du syndrome de l’intestin irritable et des troubles cardiovasculaires.
Récemment elles ont aussi participé au soulagement des symptômes de la ménopause, de l’insomnie, de l’anxiété et de la douleur, notamment dans les cas d’arthrite rhumatoïde, d’arthrose, de maux de tête, de maux de dos, de fibromyalgie et de douleurs chroniques.
Elles ont également été associées à des interventions chirurgicales ou à d’autres traitements médicaux.
Elles sont aussi employées pour améliorer la qualité de vie des personnes aux prises avec des maladies graves, dont le cancer.
Enfin, quelques essais cliniques aléatoires, publiés en 2009, évoquent la possibilité que des interventions de yoga et de relaxation puissent contribuer au traitement de l’asthme.
Les résultats d’une méta-analyse menée en 2002 indiquent que la prise en charge consciente de leur maladie par les sujets est associée de façon significative à une amélioration des indicateurs physiologiques de la santé. À l’opposé, le déni de la maladie ou le fait d’adopter une attitude ne faisant pas appel à la conscience active entraîne une détérioration de l’état de santé.
Dans un essai mené en 2003 auprès de 148 personnes atteintes du sida, on a pu observer que les sujets qui participaient à un groupe de relaxation fondé sur une approche cognitivo-comportementale obtenaient de meilleurs résultats aux tests de qualité de vie que ceux qui participaient à un groupe de soutien, ou que ceux qui étaient en attente pour ce type de traitement.
Les résultats d’observations menées en 2003 auprès d’un groupe de 42 sujets souffrant de troubles cardiovasculaires aigus ont révélé que les patients dont l’attitude était généralement hostile ou qui avaient été récemment exposés à des situations de stress présentaient un taux élevé de monocytes. Les monocytes sont des globules blancs mononucléaires que les chercheurs associent de plus en plus à l’instabilité de l’activité des plaquettes sanguines, laquelle est responsable de divers troubles cardiovasculaires. À l’inverse, les sujets qui se sentaient soutenus par leur entourage sur le plan émotionnel présentaient un taux moins important de monocytes. Les chercheurs croient que les sujets dont le taux de monocytes est moins élevé auraient de meilleures chances de survie.
Stimuler les fonctions immunitaires. En ce qui a trait au renforcement général du système immunitaire, les résultats de nombreuses synthèses d’études laissent perplexe. Les résultats d’essais préliminaires indiquent que certaines interventions de nature psychologique pourraient avoir des effets positifs sur l’immunité.
Dans une vaste synthèse publiée en 2002, des chercheurs australiens ont relevé 6 essais dont les résultats indiquent que diverses interventions d’ordre psychologique peuvent avoir un effet bénéfique sur l’immunité. Ils soulignent cependant que les preuves à cet égard sont nettement insuffisantes pour tirer des conclusions définitives et élaborer des protocoles thérapeutiques dont les effets seraient clairement prédictibles.
Pourtant, en 2002, des chercheurs américains rapportaient avoir observé une augmentation du nombre de cellules tueuses naturelles chez des patientes traitées pour le cancer du sein et à qui on avait proposé des séances de visualisation et d’autohypnose.
En 2003, un essai à double insu avec placebo a été mené auprès de 48 étudiants durant la période d’examens scolaires. Les résultats ont indiqué que le recours à des techniques de maîtrise du stress permettait de contrer significativement l’affaiblissement de l’immunité (diminution du nombre de cellules tueuses) associé au stress en période d’examens. On avait obtenu des résultats similaires dans 2 essais semblables menés précédemment, de même que dans des essais menés auprès de sujets atteints d’herpès génital ou infectés par le VIH.
Réduire le stress et l'anxiété des étudiants. En 2009, 2 petites études ont été réalisées auprès d’étudiants universitaires en médecine (14 personnes) et en sciences infirmières (32 personnes). Après 16 semaines de yoga ou 8 semaines de méditation, leurs niveaux de stress, d’anxiété et de symptômes de dépression ont diminué de façon significative.
Applications thérapeutiques
Recherche et rédaction scientifique : Dr Sylvie Dodin, M.D., M. Sc et Claudine Blanchet, Ph. D., Chaire en approche intégrée en santé, Université Laval.(avril 2010)
La recherche sur les approches corps-esprit est encore bien jeune. Même s’il ne fait plus de doute qu’elles soient « bonnes pour la santé », il est difficile de savoir précisément dans quelle mesure et de connaître l’effet exact de telle approche sur tel élément spécifique de la santé.
Pour choisir une approche particulière, on peut d’abord se demander si l’on veut y recourir dans un esprit de prévention ou pour affronter un problème ponctuel précis. Pour prévenir les maladies ou promouvoir le bien-être, on pourra faire appel aux techniques qui permettent de gérer le stress, comme la méditation, le yoga, le tai-chi ou le training autogène. En cas de maladie, que ce soit pour contribuer à la guérison ou pour améliorer la qualité de vie, on pourra avoir recours à des approches plus « pointues » comme les psychothérapies, l’hypnose ou le biofeedback.
Il est intéressant de remarquer que la plupart des organismes de recherche et d’information sur le cancer suggèrent aux patients d’entreprendre – parallèlement aux traitements classiques – une démarche personnelle susceptible de mettre en oeuvre leurs ressources intérieures d’autoguérison. On peut certainement appliquer ce conseil pour n’importe quelle autre maladie, grave ou bénigne.
Comment choisir ?
Le Dr Alastair Cunningham, dans son livre Vivre avec le cancer – les chemins de la guérison, suggère d’aller d’abord vers une approche qui nous intéresse et que l’on trouvera satisfaisante en soi, indépendamment du problème à régler. De cette façon, on aura plus de chance de persévérer, ce qui est fondamental. En effet, les effets de ces approches mettent généralement du temps à se manifester. Il vaut donc mieux tenter de trouver le maximum de plaisir à entreprendre une telle démarche.
Rappelons que la psychoneuroimmunologie n’est pas une technique thérapeutique en soi, mais qu’elle englobe plusieurs approches et même les habitudes de vie. On l’utilise pour prévenir les maladies, pour contribuer à leur guérison ou pour améliorer son bien-être – que l’on soit malade ou en santé. Dans cette optique, les interventions sont souvent associées à un programme d’exercices physiques et à un bon régime alimentaire.
On trouve une foule de livres sur des techniques corps-esprit spécifiques, mais moins sur le concept général de la psychoneuroimmunologie. Pour une présentation crédible de l’approche, les ouvrages des Drs Larry Dossey et Herbert Benson sont particulièrement intéressants et bien documentés. En voici quelques-uns.
Benson Herbert, Proctor William. Le principe de l'étincelle, Tchou, France, 2008.
Benson, professeur à l’Université Harvard pendant 30 ans, propose un outil simple et pratique de guérison et de bien-être. Extrait gratuit : www.editions-tchou.comBenson Herbert, Proctor William. Relaxation Revolution: Enhancing Your Personal Health Through the Science and Genetics of Mind Body Healing, Scribner, États-Unis, 2010. (Disponible en juin 2010.)
Benson Herbert et Casey Aggie. Mind Your Heart: A Mind/Body Approach to Stress Management, Exercise, and Nutrition for Heart Health, Simon & Schuster Trade, États-Unis, 2004.
Dossey Larry. La médecine réinventée, Vivez Soleil, France, 2002.
Dossey Larry. The Extraordinary Healing Power of Ordinary Things: Fourteen Natural Steps to Health and Happiness, Three Rivers Press. États-Unis, 2007.
Cunningham Dr Alastair J. Vivre avec son cancer – les chemins de la guérison, Yva Perret Éditeur, Suisse, 1996.
Un des plus éminents spécialistes canadiens du cancer passe en revue les différentes méthodes - dont les approches corps-esprit - auxquelles les personnes atteintes peuvent faire appel, et ce qu'elles peuvent attendre de chacune d'elles. Il réussit avec brio à garder le juste milieu entre le conservatisme de la médecine occidentale moderne et le radicalisme de la pensée du nouvel âge. Pour quiconque souffre d’une maladie ou s’intéresse à la question, pas seulement pour les cancéreux.Bibliographie
Cunningham Dr Alastair J, Vivre avec son cancer – les chemins de la guérison, Yva Perret Éditeur, Suisse, 1996.
Mind Body Basics, Benson-Henry Institute for Mind Body Medicine, États-Unis. [Consulté le15 avril 2010]. www.massgeneral.org
Novey DW (Dir). Clinician’s Complete Reference to Complementary and Alternative Medicine, Mosby, États-Unis, 2000.
Pizzorno JE Jr, Murray Michael T (Ed). Textbook of Natural Medicine, Churchill Livingstone, États-Unis, 1999.
PubMed - National Library of Medicine. [Consulté le 2 avril 2010]. www.ncbi.nlm.nih.gov
Straus SE. NCCAM's Mind-Body Research, National Center for Complementary and Alternative Medicine, États-Unis, 2000. [Consulté le 15 avril 2010]. http://nccam.nih.gov
The mind-body connection - An Interview with Steven Gurgevich, Ph. D. DrWeil.com. États-Unis. [Consulté le 15 avril 2010]. www.drweil.com -
Rire pour se faire du bien
- Le Lun 02 mai 2016
Un grand merci à Isabelle Ducau, talentueuse bloggeuse pour ce bel article : http://lescarnetsdubienetre.com/rire-se-faire-bien/#comment-163
et pour le fou rire qui a suivi le visionnage de cette vidéo :
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Entre corps et esprit, une science du lien
- Le Dim 10 avr 2016
Nous empruntons parfois de longs détours avant d’accepter certaines évidences remplies de bon sens.
Et pour cause : de vieilles croyances nous empêchent d’envisager la réalité sous un angle neuf.
Aveuglés par nos réponses toutes faites, nous sommes alors incapables de nous poser de nouvelles questions et, sans nous en rendre compte, nous vivons à la lumière de dogmes bien obscures.
Songeons qu’au XVIIème siècle des philosophes comme John Locke affirmaient : « la négation de la nature est la voie du bonheur ».
Curieux siècle des Lumières où l’homme s’attribua la mission d’influencer, de contrôler et de dominer la nature considérée comme une ennemie.
Redoutable croyance qui, trois cents ans plus tard, nous incite encore à nier cette nature dont nous sommes constitués et dont nous faisons partie.
C’est pourtant grâce à cette posture « en dehors du monde » que la science occidentale a connu ses plus grands développements.
Réduire la réalité à ses constituants les plus infimes a permis la description de nombreux mécanismes du vivant.
Malheureusement, à force d’analyser les détails, le réductionnisme scientifique est privé de la vision globale nécessaire pour reconstituer l’ensemble du puzzle.
« La vie ne réside pas dans les molécules mais dans les relations qui s’établissent entre elles », faisait remarquer Linus Pauling, lauréat des prix Nobel de chimie et de la paix.
Le tissu du vivant est fait de liens. Ce sont précisément ces liens que la science du XXIème siècle va devoir étudier si elle veut rester au service de la vie.

Loin des concepts cartésiens ayant abouti à la séparation du corps et de l’esprit, notre expérience quotidienne nous offre la preuve de la relation constante qui s’établit entre nos pensées, nos croyances, les émotions suscitées par celles-ci et les réactions de notre corps.
Pour s’en convaincre, il suffit d’imaginer qu’au moment où vous lisez ces lignes, vous apprenez que vous avez gagné une importante somme d’argent.
Dans l’instant, vous sentirez grandir en vous une immense énergie, la vie vous paraîtra merveilleuse, vous échafauderez toute une série de projets, vous serez joyeux, vous aurez envie de bouger, de courir ou de danser.
Les autres vous percevrons « lumineux » et « en pleine forme ».
Imaginons, au contraire, que vous apprenez le décès de votre meilleur ami.
Immédiatement, vous aurez l’impression de vous videz de toutes vos forces, l’existence vous semblera absurde, vous vous sentirez confronté à un mur sombre, vous serez envahi pas une immense tristesse, vous serez prostré, fragilisé.
Les autres vous trouverons « gris et terne » et, le lendemain, peut-être, vous serez cloué au lit avec une forte fièvre.
Au laboratoire de neurosciences de l’université du Wisconsin, Richard Davidson et son équipe ont montré que le simple fait de visionner des images déclenchant des émotions négatives comme la peur, l’anxiété ou la colère provoque une stimulation de la partie antérieure du cerveau droit, le cortex préfrontal droit.
Automatiquement, le système nerveux sympathique est stimulé. Celui-ci prépare notre « réponse au stress ».
Il en résulte une augmentation de la production d’adrénaline et de cortisol par les glandes surrénales. Le corps mobilise son énergie, ses forces musculaires et ses défenses immunitaires pour réagir par la fuite ou le combat.
La démonstration est faite : une pensée négative génère une émotion négative qui active le système nerveux du stress et met le corps en état d’alerte.
Il existe donc une véritable continuité entre nos états psychiques et physiques.
De la même manière, lorsque les images projetées par l’équipe de Davidson provoquent des émotions positives comme la joie ou l’enthousiasme, c’est le cortex préfrontal gauche qui s’active préférentiellement, entraînant une stimulation du système nerveux parasympathique.
Il s’en suit un relâchement des tensions corporelles, la mise en route des mécanismes de réparation et de récupération de l’organisme, et la stimulation des défenses immunitaires, en particulier les cellules NK (natural killer), sorte de gendarmes qui circulent dans le corps en permanence à la recherche de cellules « anormales », infectées ou cancéreuses.
Un fait paraît évident : la mise sous tension du corps engendrée par les pensées et les émotions négatives représente un atout pour notre survie.
A condition toutefois que cette tension ne dure pas trop longtemps car, à la longue, des taux trop élevés d’adrénaline abîment le cœur et les vaisseaux sanguins, et un accroissement de la production de cortisol finit par provoquer un dérèglement du système immunitaire pouvant aboutir à l’emballement des réactions inflammatoires à l’origine de certaines maladies auto-immunes.
Sans compter que la mobilisation de l’énergie en vue de la fuite ou du combat empêche toute une série de fonctionnements normaux du corps et, à terme, fragilise l’organisme, le rendant plus sensible à la maladie.
Ainsi on estime que le stress chronique est impliqué dans l’apparition de 75 à 90% de toutes les pathologies.
Pathologies dont on se rend compte aujourd’hui qu’elles sont pour la plupart le résultat d’un déséquilibre de l’organisme engendré par un ensemble de facteurs : prédispositions héréditaires, mauvaise alimentation, toxiques de l’environnement, divers traumatismes et certaines tensions émotionnelles.
Ce qui est admis pour une maladie comme l’ulcère gastrique (causé par la présence d’une bactérie et un terrain défavorable dû au stress et à de mauvaises habitudes alimentaires en relation avec les tensions psychiques) commence à être envisagé pour de très nombreux autres troubles comme les maladies rhumatismales, les pathologies cardio-vasculaires, la fragilité face aux infections (plusieurs études montrent que le fait d’être stressé prédispose à « attraper » plus facilement un rhume ou une grippe), et même le cancer.
En effet, bien que l’on ne dispose pas encore de preuves formelles d’une relation de cause à effet entre les tensions psychiques et le cancer, certaines études attirent notre attention et invitent à la prudence.
Des résultats publiés en 2004 dans la prestigieuse revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences indiquent qu’un stress chronique provoque un raccourcissement des télomères – sorte de capuchons protégeant l’extrémité des chromosomes – et, par conséquent, entraîne un vieillissement prématuré des cellules.
L’impact négatif du stress sur la santé incite de plus en plus de chercheurs à s’intéresser aux bienfaits des émotions positives.
Apparues plus récemment dans l’évolution, celles-ci constituent sans doute un avantage évolutif pour les animaux que nous sommes.
En effet, si la peur et la colère sont indispensables pour notre survie, ces émotions négatives ne sont utiles que pour répondre à un danger réel ou prévoir certains risques à long terme.
En revanche, des émotions positives comme le contentement, la joie ou l’enthousiasme permettent de se projeter dans un avenir serein et, du coup, économiser de l’énergie et préserver une meilleure santé.
Plusieurs études, parfois réalisées sur des périodes de vingt à trente ans, le prouvent : les gens optimistes ont tendance à vivre plus longtemps et en meilleure santé que ceux qui se laissent envahir par le pessimisme.
Apprendre à vivre dans le présent, ne pas se faire du souci inutilement pour des choses qui ne se produiront sans doute jamais, être capable de se réjouir du verre à moitié rempli au lieu de se lamenter à propos du verre à moitié vide.
Ce sont les propositions du courant de la « psychologie positive » actuellement encouragée par l’American Psychological Association.
La capacité de raisonner du cortex préfrontal (en particulier le gauche, impliqué dans la gestion des émotions positives) permet de prendre le recul nécessaire et, du coup, d’éviter de sombrer dans le piège de l’anxiété, du stress et de l’épuisement physique.
C’est tout un apprentissage. S’exercer à cette attitude positive semble provoquer de véritables remaniements du cerveau dans le sens d’une gestion émotionnelle plus équilibrée et, du coup, protège la santé psychique et physique des individus.
On sait aujourd’hui que le cortex préfrontal gauche est plus récent dans l’évolution du système nerveux que le cortex préfrontal droit.
Or, le développement de l’embryon, du fœtus et du bébé retrace les différentes étapes de cette évolution. Il n’est donc pas étonnant que l’enfant doive attendre la maturation, plus tardive, du cortex gauche pour acquérir la capacité de relativiser ses émotions négatives.
Plus tard, devenu adulte, il développera sa réflexion, élaborera une philosophie, voire même des croyances religieuses, pour garder l’espoir face à l’adversité. Car c’est l’une des particularités de notre condition humaine, nous avons besoin d’échapper à l’absurde pour continuer à vivre.
« Avoir l’espoir ne veut pas dire que nous pensons que les choses vont se produire bien, mais que les choses auront un sens », a écrit Vaclav Havel.
Attribuer un sens aux évènements de notre vie paraît essentiel à notre survie.
Ainsi, de nombreuses études mettent en évidence un accroissement de la qualité des défenses immunitaires en fonction des croyances positives des individus.
L’humour, la propension à se réjouir et la capacité de faire confiance sont autant d’atouts en faveur de la guérison, intervenant notamment dans cet effet étrange que l’on appelle « placebo ». Une capacité d’autoguérison qui repose avant tout sur la suggestion et l’autosuggestion positive face à la maladie et à son traitement.
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Choisir de rire ? Une expérience optimale
- Le Jeu 07 avr 2016
Le Yoga du Rire (Hasya Yoga), créé en 1995 par le Dr Kataria, est une forme d'exercice physique, respiratoire et émotionnel.
C'est un véritable programme de bien-être global qui s'inscrit dans le courant de la psychologie positive (démarche scientifique qui a pour but de nous permettre de mieux affronter nos problèmes). C'est aussi une pratique à visée thérapeutique.
Pour des raisons évolutionnistes notre cerveau n'est pas vraiment bien équipé pour "ruminer" le bonheur et les heureux événements.
Comme chaque outil de la psychologie positive, le Yoga du Rire permet de modifier cette tendance en nous apprenant à rééquilibrer les données de notre cerveau.
Son efficacité vient de ce que nous faisons, pas de ce que nous pensons. Les recherches en neurosciences l'attestent :
Notre organisme ne fait pas la différence entre un rire intentionnel et un rire spontané
Conséquence : On obtient les mêmes bienfaits physiologiques et psychologiques au bout de 10 à 15 minutes de ce rire ample volontairement soutenu.
Cette technique désinhibe progressivement et offre l'espace adapté et bienveillant pour lâcher notre rire inné, profond, ample et cathartique.
Lorsque l'on rit vraiment, on ne pense plus, le cortex conscient est déconnecté....on lâche le mental et l'on "débranche" notre "pilotage automatique"pour plonger avec délice dans l'instant présent.

Le Yoga du Rire permet d'atteindre cet état et engendre des émotions positives sur le long terme.
Le Yoga du Rire, pratiqué dans plus de 110 pays, est une (r)évolution mondiale et populaire réunissant chaque jour des milliers de personnes dans des ateliers, en entreprises, des écoles, des hôpitaux, des maisons de retraite ou encore des prisons...
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L’approche socio-émotionnelle : nouvelle condition de succès
- Le Ven 01 avr 2016

Aucun doute, le futur nous intéresse. Et comme le dit Woody Allen, nous avons plutôt intérêt… puisque c’est là que nous allons passer le reste de notre vie. Le Peoplesphere de février 2016 vous emmène dans les méandres des impacts de l’évolution socio-démographique sur nos organisations à l’horizon 2030. Le Forum Economique Mondial quant à lui a publié ce 10 mars un article particulièrement intéressant sur les compétences-clés dans le monde de demain. Les conclusions résultent de l’analyse de 213 enquêtes sur les nouveaux modes d’apprentissage des étudiants et de la mise en perspective avec les enseignements du dernier Forum Economique de Davos qui a eu lieu en janvier 2016. Morceaux choisis.
L’approche socio-émotionnelle érigée au rang de condition de succès
Vous le savez, les robots, la technologies, l’intelligence artificielle, les algorithmes vont traiter des milliards d’informations beaucoup plus vite, beaucoup mieux, beaucoup plus précisément que nous, pauvres humains. Pour faire face à cette déferlante technologique qui va réduire à néant 45% des jobs actuels d’ici 2025 (enquête Oxford 2013), il nous restera comme arme de guerre notre incroyable capacité à nous connecter les uns aux autres et à créer des émotions. Nous sommes en route au pas cadencé vers cette économie de l’Emotion.
Le Forum Economique Mondial a synthétisé les compétences critiques dans ce schéma

SOURCE : WORLD ECONOMIC FORUM – REPORT : NEW VISION FOR EDUCATION: FOSTERING SOCIAL AND EMOTIONAL LEARNING THROUGH TECHNOLOGY
Le monde académique semble donc prendre lentement conscience que nos têtes blondes auront besoin d’autres compétences que celles que nous avons eues la chance d’apprendre et surtout d’autres façons d’apprendre.
L’approche socio-émotionnelle contribue factuellement au succès.
L’apprentissage social et émotionnel (SEL) enseigne les compétences dont nous avons tous besoin pour nous comporter de façon éthique et respectueuse, avec les autres et nous-mêmes.
Selon le Forum Mondial Economique (WEF), les compétences qui sont jugées comme critiques pour réussir professionnellement (voire humainement) dans le monde de demain sont principalement développées par des méthodologies dites SEL : Social – Emotional Learning. Les experts du WEF se sont penchés sur les méthodes probantes d’apprentissage scolaire et ont parcourus les études qui observaient les étudiants utilisant la technologie pour développer leurs aptitudes à interagir socialement et émotionnellement. Par technologie on entend notamment l’usage des plateformes collaboratives, des media sociaux, des MOOC – SPOC – COOC, du blended learning, … Mais la technologie n’est pas tout, encore faut-il y mettre les bons usages.
Les compétences annoncées ci-dessus sont celles détectées dans les projections des emplois de demain et ramenées au niveau des étudiants d’aujourd’hui. Ce qui est intéressant, c’est de se rendre compte que les mêmes compétences sont déjà critiques actuellement dans nos organisations. Les modes d’apprentissages ne diffèrent finalement en rien de ce qui s’organise dans les écoles et universités.
UNE VARIÉTÉ DE SOURCE D’APPRENTISSAGE DES COMPÉTENCES SOCIO-ÉMOTIONNELLES

SOURCE : WORLD ECONOMIC FORUM – REPORT : NEW VISION FOR EDUCATION: FOSTERING SOCIAL AND EMOTIONAL LEARNING THROUGH TECHNOLOGY
En sachant que les étudiants qui favorisent des approches “socio-émotionnelles” d’apprentissage ont un taux de succès qui les positionnent à 11 points des étudiants qui suivent un apprentissage classique, nous pourrions nous permettre d’entrevoir les mêmes garanties de succès pour nos collaborateurs si nous les mettions dans les mêmes conditions de développement. A nous de jouer, donc !
Quels jobs pour demain ?
A l’occasion du dernier forum économique de Davos portant sur l’émergence de la 4ème révolution industrielle (la révolution digitale), le WEF a également édité un rapport sur les “Emplois du Futur”, élaboré avec la contribution d’experts académiques, professionnels ainsi que de CEO et CHROs de 371 organisations de référence sur leurs marchés, représentant 13 millions de collaborateurs à travers 9 secteurs d’activités et 15 régions économiques majeures ou émergentes.
Tous s’accordent à dire que notre monde VUCA (Volatile Uncertain Complex Ambiguous) a d’ores et déjà des impacts majeurs sur nos organisations.
65% des enfants qui sont en primaire aujourd’hui travailleront dans des emplois qui n’existent pas encore.
Les projections en terme d’emploi sont impressionnantes : 7,1 millions de jobs d’employés administratifs devraient disparaître entre 2015 et 2020, conséquence de cette 4ème révolution industrielle… avec un gain de 2 millions d’emplois dans le secteur STEM (Sciences, Technologie, Ingénierie et Maths). Les secteurs de l’Energie, de l’Information, des Media, de la NanoBioTech et de l’Entertainement sont les secteurs dont la progression s’annonce la plus florissante. Les 2 métiers dont la pénurie s’annonce déjà sont les data analysts qui donneront du sens à la masse de données traitées et les commerciaux qui seront en capacité de créer une réelle connexion humaine avec les clients. Notez le bien, on vous aura prévenus : l’économie de l’Emotion est en route…
53% des DRH interrogés s’estiment confiants dans la capacité de leur organisation à s’adapter. Cela fait 1 sur 2.C’est plutôt inquiétant. Et 50% pensent que cette adaptation viendra de l’interne (plan de développement) et seulement 20% par du recrutement externe.
Il est donc urgent de se mettre au travail !!
Quelles compétences pour demain ?
Donc, en projetant les compétences et traits de personnalités critiques sur les projections d’emplois à 2020 (il est relativement compliqué d’aller plus loin compte tenu justement de la nature VUCA de notre monde), le WEF a identifié l’évolution suivante dans la criticité de ces compétences :

SOURCE : WORLD ECONOMIC FORUM – REPORT : FUTURE OF JOBS
Nous voyons émerger l’urgence de comprendre le monde qui nous entoure (résolution de problèmes complexes, développement de la pensée critique, capacité de jugement et de décision), de nous adapter (créativité, flexibilité cognitive) et surtout de nous connecter (people management, négociation, orientation service, intelligence émotionnelle, se coordonner avec les autres, …).
“Don’t Manage. Love”. “Don’t work. Have Fun”.
Dans le monde de demain, le Bonheur au Travail sera plus vrai que jamais.
Des collaborateurs heureux sont 55% plus créatifs… Des collaborateurs heureux sont 31% plus productifs. Des collaborateurs heureux font des clients heureux qui font à leur tour des actionnaires heureux. Il est possible de passer d’un monde VUCA à un monde collaboratif et agile. Il est possible de renverser le cercle vicieux pour passer dans une spirale vertueuse. Et de cela, nous en avons terriblement besoin pour construire un meilleur monde du travail, qui puise son sens dans le Bonheur de ses collaborateurs comme source de performance durable… Si vous en doutez, je suis prête à parier avec vous !(Ecrit le 20 mars 2016, 4ème journée internationale du Bonheur – Happy Happiness Day !).
Source: http://missphilomene.com/2016/03/20/les-10-competences-cles-du-monde-de-demain/

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