L'essentiel c'est de donner à réfléchir

 Penser sain

  • Le bien-être est lié à une mémoire du plaisir

    • Le Dim 20 août 2017

    Manger, boire, se reproduire, avoir un comportement maternel, rire, sont toutes des activités essentielles pour la survie de l’individu et de l’espèce. Au cours de l’évolution, la sélection naturelle a associé à ces comportements de fortes sensations de satisfaction.

    Un véritable circuit de la récompense s’est donc développé pour favoriser ces comportements reliés à nos besoins fondamentaux. Ce circuit s’est ensuite élargi pour nous inciter à répéter les expériences plaisantes apprises au cours de la vie.

    Envie d'en savoir plus ?

  • Le rire peut guérir

    • Le Lun 14 août 2017

    De toutes les recherches sur la capacité de guérison du rire, aucune histoire ne dépasse celle de Norman Cousins.

    D’accord : certains vont dire que cette histoire est anecdotique ou même qu’elle est exagérée.

    N’empêche que cette affaire illustre un phénomène qui est beaucoup plus courant qu’on ne le dit : un malade décide de se prendre en main et de changer radicalement d’attitude face à la maladie. Et voilà que, solidement installé dans le siège du pilote, tenant enfin les manettes de sa propre vie, il se met brutalement – et inexplicablement – à aller mieux.

    A-t-on besoin de croire aux miracles pour accepter cela ? 

    Une maladie « incurable »

    Norman Cousins était un journaliste américain très connu, rédacteur en chef de la Saturday Review.

    En 1964, ses médecins lui apprirent qu’il était atteint de spondylarthrite ankylosante. C’est une maladie incurable de la colonne vertébrale provoquant des douleurs dans le bas du dos et un raidissement articulaire. Tendons, ligaments et articulations se calcifient. À terme, les vertèbres ne forment plus qu’un seul bloc…

    Cette maladie est très douloureuse, mais n’a pas de traitement à part des anti-douleurs, dont les effets secondaires peuvent être redoutables. Norman Cousins raconte même que ses médecins ne lui donnaient pas 1 chance sur 500 de survivre [2].

    Confronté à ce sombre avenir, Norman Cousins se lança dans ses propres recherches. Il avait en effet une formation médicale, ayant été professeur adjoint à l’Ecole de Médecine de l’UCLA [3], et il fit trois choses absolument contraires à l’avis de ses médecins.

    1) Prendre de la vitamine C à haute dose

    La première fut d’étudier à fond tous les médicaments qu’il prenait. Il découvrit que ses traitements épuisaient ses réserves de vitamine C et, sur la base de ses recherches personnelles, parvint à convaincre ses médecins d’arrêter de lui donner plusieurs médicaments, et de lui injecter de très hautes doses de vitamine C, dont il estimait qu’elles étaient son dernier espoir.

    2) Quitter l’environnement anxiogène de l’hôpital

    Ensuite, Cousins décida de quitter l’hôpital et de s’installer dans une chambre d’hôtel. Il estimait que les hôpitaux, avec leur nourriture déplorable, leur hygiène douteuse, leur culture de la surmédicalisation, leur atmosphère de négativité et leur perturbation systématique du rythme du sommeil des patients, n’étaient « pas des endroits faits pour les personnes vraiment malades », selon ses termes.

    3) Regarder des films comiques

    Troisième chose, Cousins se procura un projecteur et un stock de films comiques, dont de nombreuses « Caméras cachées » et des films des Marx Brothers. Durant sa première nuit à l’hôtel, il rit tellement en regardant ces films qu’il parvint ensuite à dormir plusieurs heures sans ressentir de douleur. Le rire avait stimulé sa production d’endorphines, des produits chimiques aux effets anesthésiants fabriqués naturellement par le corps.

    Lorsque la douleur se réveillait, il remettait les films en route et, après avoir bien ri, parvenait de nouveau à s’endormir.

    Il raconte qu’en mesurant sa vitesse de sédimentation, un des examens de routine effectué au cours d’un bilan sanguin et qui permet de mesurer l’inflammation et les infections, il observa que son taux diminuait de 5 points chaque fois qu’il regardait un de ces films.

    Guérison miraculeuse

    Il put bientôt arrêter tous les médicaments, sauf la vitamine C et le rire.

    Il décrivit les semaines qui suivirent comme une longue cure de rire qui le ramena peu à peu à la santé. Il put ainsi reprendre son travail à la Saturday Review, tandis qu’il continuait son traitement original.

    Il est évident que le succès de ce traitement a beaucoup tenu à l’attitude même que Norman Cousins décida d’adopter.

    En plus de garder, et stimuler, sa capacité à rire, c’est un homme qui croyait profondément en l’amour, la foi, et l’attitude positive face à l’existence (il fut un combattant acharné du désarmement nucléaire). Sa force de caractère et sa volonté de vivre contribuèrent certainement à sa guérison miraculeuse.

    Déclencher l’effet placebo volontairement

    Alors qu’il était à l’hôpital, il théorisa le fait que, si les émotions négatives comme la colère et la frustration peuvent nuire à la santé, cela pouvait aussi vouloir dire que, réciproquement, des émotions positives comme la joie et le rire pouvaient avoir l’effet opposé.

    Certains parleront évidemment d’effet placebo. Mais Cousins s’est posé lui-même la question. Il en conclut que la créativité est la cause centrale de l’effet placebo : elle déclenche une chaîne d’événements dans le corps qui rétablit les équilibres (homéostasie) et l’impression de bien-être.

    On peut donc, par l’effet de la volonté, déclencher un effet placebo, entraînant la guérison.

    Relation de confiance avec le médecin

    Il attribua enfin une grande partie de son succès à sa relation très proche et amicale avec son médecin, qui soutenait à deux mains sa démarche et l’encourageait dans son approche expérimentale malgré le fait qu’elle ne correspondait pas aux idées préconçues de la médecine.

    Cette importance capitale de la relation patient/médecin est presque universellement reconnue et vérifiée statistiquement comme le facteur le plus important dans les chances de guérison en psychanalyse. Mais la chose pourrait-elle également être vraie dans le monde de la médecine ? Le cas de Norman Cousins contribue à nous le faire penser.

    L’aspect le plus fascinant de l’histoire de Norman Cousin était sa capacité à rire, malgré des douleurs intenses et, très probablement, une grande angoisse, celle qui s’empare de toutes les personnes à qui l’on annonce qu’elles sont atteintes d’une maladie incurable.

    Mais il mit un point d’honneur à rire jusqu’à se faire mal à l’estomac, de ce rire inextinguible qui allait jusqu’à déclencher un puissant effet antidouleur. Dans son livre, il cite de nombreux penseurs qui, à travers les âges, avaient réalisé comme lui la capacité de guérison du rire, et cette liste inclut le philosophe anglais Francis Bacon, Emmanuel Kant, Sigmund Freud et le Dr Albert Schweitzer. Sans doute cette liste pourrait être beaucoup plus longue.

    Car ultimement, le rire pourrait être un moyen pour l’être humain de sortir de lui-même, de ses limites, et de trouver l’itinéraire qui le ramène à la santé. C’est pourquoi le voyage de Norman Cousins qui, grâce au rire, l’a ramené à la vie, peut être pour nous tous une source d’inspiration.

     


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  • L'optimisme, ça vaut le coup d'essayer

    • Le Lun 14 août 2017

    On n'a pas encore découvert le gène de l'optimisme. Mais on sait désormais que cette aptitude peut se travailler. En puisant notamment dans la psychologie positive. Une aubaine! Car voir la vie en rose permet de vivre plus longtemps.

    Ne vous plaignez pas en présence de Luc Simonet d'une météo trop maussade. Il vous reprendra aussitôt en affirmant: «C'est une belle journée de pluie." 

    Cet ancien avocat d'affaires belge n'a d'ailleurs pas hésité, il y a dix ans, à faire imprimer la phrase sur une cinquantaine de parapluies distribués ensuite à ses proches. Un clin d'oeil qui a vite débouché sur la création d'un club assez unique en son genre: la Ligue des optimistes.

    L'idée lui est venue pendant une année sabbatique prise à 52 ans pour se «soigner» d'une perte d'enthousiasme au travail. «J'ai vite été submergé par l'impact de mon initiative.» 

    Aujourd'hui, près de 80000 personnes dans le monde sont abonnées à sa newsletter. Car, depuis 2008, la ligue a fait des petits, de la France aux États-Unis en passant par le Bénin.

    Un succès qu'il doit sans doute à son message résolument constructif. «Je ne fais pas dans le «bonheurisme» ou la méthode Coué en prônant un optimisme béat. Bien au contraire. Je défends un optimisme d'action. Subversif, même, quand il s'agit de s'opposer à l'évolution cynique de notre société.» 

    Parmi ses projets les plus fous, la création d'une école pour responsabiliser les actionnaires et éviter ainsi qu'ils poussent les dirigeants d'entreprise à se comporter comme des «mercenaires». Mais là où Luc Simonet interpelle sans doute le plus, c'est en affirmant que, loin d'être une aptitude congénitale, l'optimisme peut relever d'une décision intérieure. «C'est un postulat", insiste-t-il.

    Si c'est le cas, c'est une sacrée bonne nouvelle! Déjà parce que, comme le disait avec humour le défunt Premier ministre israélien Shimon Peres, «si un optimiste et un pessimiste sont condamnés à mourir tous les deux, ils n'auront pas eu la même vie".

    De surcroît, sur un plan strictement médical, il est désormais prouvé que les optimistes ont un système immunitaire plus performant, sont moins sujets aux accidents vasculaires cérébraux, ont un taux supérieur de survie après un infarctus et, au final, vivent plus longtemps.

    Mais peut-on réellement devenir optimiste? Cette capacité à anticiper un futur plutôt positif relève-t-elle d'une disposition génétique? Ou peut-elle se travailler? Les scientifiques n'ont guère de certitudes en la matière. De fait, on ne sait pas vraiment si nous venons au monde avec un «biais pessimiste», héritage de ce fameux cerveau reptilien chargé de nous prévenir des dangers. Ni pourquoi l'optimisme se manifeste chez les uns plus que chez les autres. «Les études dans ce domaine sont encore assez sommaires et pour la plupart indirectes", confirme le psychiatre Frédéric Fanget. Selon l'une d'entre elles, souvent citée (Sonja Lyubomirsky, 2005), notre niveau de bonheur, que l'on peut raisonnablement classer parmi les déterminants de l'optimisme, serait lié pour 50% à notre capital génétique, pour 10% à nos conditions de vie et pour 40% à des facteurs sur lesquels l'individu pourrait agir. Mais il serait assez hasardeux de donner à ces résultats une valeur universelle.

    Si personne ne remet en cause l'idée que nous ne naissons pas tous avec les mêmes dispositions à l'optimisme, la plupart des praticiens préfèrent aujourd'hui insister sur le rôle de l'environnement dans le développement de cette aptitude. «Dès lors qu'il est élevé par des parents gratifiants et qu'il évolue dans un cadre scolaire positif où l'on valorise ses succès, le plus grand des pessimistes à la naissance peut devenir un optimiste convaincu», assure Frédéric Fanget, auteur du best-seller Oser. Thérapie de la confiance en soi(éditions Odile Jacob).

    Changer de «style explicatif»

    Mieux, on sait aujourd'hui que l'individu possède une marge de manoeuvre pour agir sur son capital génétique«Pendant longtemps, on a cru que notre ADN déterminait tout, explique le biologiste Philippe Bobola. Puis l'épigénétique (discipline qui étudie les mécanismes moléculaires modulant l'expression du patrimoine génétique en fonction du contexte, NDLR) a mis en évidence que le manchon de protéines qui l'entourait jouait un rôle dans l'activation, voire la mise en sourdine, de nos gènes. Et surtout que l'on pouvait agir dessus notamment via nos pensées Les jeux ne seraient donc pas faits une fois pour toutes à la naissance. Nous sommes en partie acteurs de notre biologie. Même si l'on n'a pas encore identifié le gène de l'optimisme, cette découverte apporte de l'eau au moulin de Luc Simonet.

    Oui, mais comment s'entraîner à devenir optimiste? Il n'y a pas de recette universelle, bien sûr. Mais les préceptes de la psychologie positive peuvent nous mettre sur la voie. En droite ligne des thérapies comportementales apparues dans les années 50, cette discipline s'est focalisée sur l'étude des «conditions et processus qui contribuent à l'épanouissement et au fonctionnement optimal de l'individu".

    Selon son père fondateur, le psychologue américain Martin Seligman, les pessimistes seraient prisonniers d'une sorte «d'impuissance apprise» mais sur laquelle on pourrait agir. La clé: modifier ce que ce thérapeute appelle le «style explicatif» des évènements. Le pessimiste attribue ses échecs à des causes internes, stables et globales. Pour caricaturer, il pense en substance: «Je suis nul et ça ne va pas changer de sitôt.» Et ses réussites sont, au contraire, dues à des causes externes comme la chance. L'optimiste procède de manière diamétralement opposée. Il associe ses échecs à des causes spécifiques et temporaires: «Manque de préparation ou méforme.» Et ses succès à des facteurs pérennes: «Je suis quelqu'un de compétent.» La démarche, on l'a compris, consiste à passer d'un «style explicatif" à l'autre.

    Un chemin qui requiert un vrai travail sur soi. Pour sauter le pas, il faut souvent être confronté à un mal-être tenace. L'optimisme n'est pas nécessairement l'objectif recherché au départ, mais la conséquence heureuse, le cadeau, qui attend en bout de parcours. Nombre de ceux qui sont passés par là évoquent un déclic.

    Chez Isalou Beaudet-Regen, c'est un cancer du sein déclaré à 29 ans qui a joué ce rôle. «Enfant triste marqué par la solitude, j'ai décidé, suite à cette maladie, de rendre chaque seconde qu'il me restait à vivre gaie et joyeuse", explique cette quinqua qui dirige aujourd'hui une petite agence de communication audiovisuelle. «Le monde n'est pas soudain devenu idyllique, assure-t-elle. Bien au contraire! J'ai en revanche totalement accepté son côté chaotique. Et j'ai surtout compris que, même si on ne maîtrisait rien, on avait toujours le choix d'en rire pour mieux rebondir Et de citer la maxime de Winston Churchill: «Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté."

    Chez Philippe Bobola, le déclic est venu de la compréhension de lois de la nature et singulièrement de l'épigénétique. Ce biologiste - également physicien, anthropologue et psychanalyste - y a trouvé les ressources pour se dégager de la gangue de pessimisme qui l'a longtemps accablé. Une attitude héritée de son père pour qui le monde était dangereux et imposait que l'on reste sur ses gardes. «Via la physique quantique, j'ai réalisé que cette vibration négative se répercutait aussi dans mon environnement, lequel répondait en conséquence. Si vous manifestez de la peur face à un chien, il vous attaquera", résume-t-il. Depuis sa «conversion», il estime qu'il est de notre responsabilité à tous de «rayonner" du positif.

    Tenir un journal de «gratitude»

    Plus facile à dire qu'à faire! «On n'efface pas quarante années de pessimisme, assure Frédéric Fanget. Les connexions neuronales façonnées par nos comportements restent en place. En revanche, la plasticité du cerveau nous permet d'en susciter de nouvelles." À condition de ne pas se contenter d'un travail d'écoute et de compréhension de soi mais de s'engager dans des actions concrètes.

    Isalou Beaudet-Regen s'est imposée de se lever plus tôt chaque matin, notamment pour pratiquer la méditation. «Cela m'a aidée à prendre de la distance avec les événements, à lâcher des tensions et gagner en légèreté, précise-t-elle. Une manière de donner une orientation positive à ma journée." Durant cette parenthèse personnelle, elle fait aussi du sport et s'adonne à l'écriture. Un désir longtemps resté inassouvi d'où est sorti La Magie du matin (Leduc Éditions), ouvrage qui a reçu le prix 2016 de... la Ligue des optimistes.

    Cette ancienne «torturée d'esprit" s'est aussi mise à pratiquer le «journal de la gratitude». Autrement dit à se souvenir, le soir venu, de tous les petits moments de bonheur qui ont émaillé sa journée. «C'est un outil puissant d'entraînement cérébral qui permet de modifier notre regard sur l'existence", assure la psychologue Rebecca Shankland. Dans son ouvrage Les Pouvoirs de la gratitude (Odile Jacob), elle rapporte l'expérience réalisée par deux professeurs américains (Emmons et McCullough) sur leurs étudiants en psychologie: ceux-ci ont été répartis en trois groupes auxquels il a été demandé de noter pendant quelques mois, respectivement, cinq évènements négatifs, cinq évènements neutres et cinq évènements positifs survenus au cours de la semaine écoulée. Chacun devait ensuite répondre à des questions sur son état de bien-être. Le groupe des souvenirs positifs est sorti de la période de test avec un niveau de satisfaction et d'optimisme largement supérieur aux deux autres.

    Véhiculer des énergies positives

    Il n'est pas toujours nécessaire de passer par de longs processus thérapeutiques, donc, pour gagner en optimisme. Pour autant, on s'épargnerait bien du travail en évitant de «fabriquer" des pessimistes. En particulier à l'école.

    Les États-Unis forment depuis longtemps des professeurs à la psychologie positive. En France, cela commence à peine. Enseignant-chercheur, Charles Martin-Krumm promeut notamment cette approche à l'École supérieure du professorat et de l'éducation de Rennes. Professeur d'EPS pendant dix-huit ans dans un lycée d'éducation prioritaire, cet ancien champion d'aviron s'est intéressé au sujet en constatant que tous ses élèves n'avaient pas la même capacité de rebond face à un échec. Il en a fait depuis son terrain de recherche. «Il faut former les éducateurs à induire les bons «styles explicatifs» chez les enfants qui ont du mal à suivre", souligne-t-il.

    Aujourd'hui président de l'Association française de psychologie positive, il coache des équipes d'aviron et de boxe française et intervient en entreprise, où l'optimisme a fait une entrée remarquée dans la panoplie du «bien-être au travail". «Les managers doivent être attentifs aux messages qu'ils font passer, notamment durant les entretiens de fin d'année», observe-t-il. Car, précise Frédéric Fanget, «si un pessimiste peut devenir optimiste, la réciproque est tout aussi possible, en présence d'un supérieur particulièrement toxique.» 

    Si l'optimisme plaît aux DRH, c'est aussi parce qu'il permet de véhiculer des énergies positives. Déjà, pas mal de prestataires se sont engouffrés sur ce nouveau marché, proposant toute une série d'outils: du mur de la gratitude aux séances de yoga du rire.

    Gare cependant à ne pas trop survaloriser les profils optimistes. Selon Frédéric Fanget, tout est affaire de degré. «Un «pessimiste constructif» peut être beaucoup plus performant dans certaines fonctions liées à la sécurité, par exemple, où l'anticipation des scénarios négatifs est conseillée. En revanche, dans les métiers de vente, mieux vaut s'appuyer sur des «optimistes réalistes»." Dès lors qu'on ne tombe pas dans les extrêmes, chacun a sa place, donc.

    Il n'empêche qu'en ces temps de crise, orienter résolument son regard vers ce qui est beau et ce qui marche ne peut que faire du bien.

    C'est probablement ce qui explique le succès du Printemps de l'optimisme, qui réunit, depuis trois ans, près de 4500 personnes au Conseil économique, social et environnemental (Cese). Son initiateur, le communicant Thierry Saussez, auteur de nombreux livres sur le sujet, entend lutter par ce biais contre la sinistrose ambiante. «Nous cherchons à rassembler les convaincus, séduire les hésitants et faire douter les opposants", indique celui qui a conseillé une longue série de Premiers ministres. Pour lui, comme pour le président de la Ligue des optimistes, il faut combattre le «cancer» de la victimisation et de la résignation. Leur message commun: osons le pari de l'optimisme. «C'est une vraie option de construction de vie", martèle Philippe Bobola. On n'a rien à perdre à essayer. 

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  • Le rire c'est la santé

    • Le Dim 13 août 2017

    Le rire, antidote au stress et booster du système immunitaire, a de nombreuses vertus. Et s'il n'est pas -encore?- remboursé par la Sécurité sociale, il est apprécié à l'hôpital, en maisons de retraite, en entreprise et de plus en plus dans la vie de tous les jours.

    Jean-Marie Bigard n'a pas eu à forcer son talent pour endosser son rôle dans le dernier film de Claude Lelouch, Chacun sa vie. L'humoriste aux sketchs volontiers crûs joue un médecin militant de la thérapie par le rire. «Le meilleur des médicaments» à ses yeux.

    En 1998, Robin Williams - docteur Patch dans le film du même nom - avait déjà fait un carton au box-office américain dans cette comédie dramatique inspirée par la vie du fondateur de la première clinique basée sur l'humour.

    À l'hôpital Trousseau, pourtant, le rire n'est pas une fiction, mais une réalité depuis vingt-cinq ans. Et ce ne sont pas les patients, ni leurs proches, et encore moins les soignants de cet établissement pédiatrique de l'AH-HP de l'est parisien qui s'en plaindraient.

    Plaquée sur les grilles extérieures de l'hôpital, une mosaïque de portraits hilares du microcosme de Trousseau, signés Le LOL Project, accueille le visiteur. À l'intérieur, le mardi et le jeudi, c'est la journée des clowns. Avant d'entamer leur tournée, Emmanuelle et Michel, tous deux membres du Rire médecin - l'une des principales associations de clowns hospitaliers rémunérés - font le point sur l'état de santé de leur jeune public avec les infirmières. Malgré la forte activité matinale, ils sont reçus avec le sourire par cette jeune armada vêtue de blouses bleues et chaussée de Crocs colorés. Dix minutes plus tard, retour d'Emmanuelle et Michel à leur mini-loge pour se maquiller et enfiler leur tenue de scène. Toujours la même: une robe à volants orange, vert anis et noirs sur un collant turquoise pour Z'el Printemps/Emmanuelle et, pour Jules/Michel, une chemise rouge vif avec les chaussettes assorties et un pantacourt crème. Sans oublier, bien sûr, l'incontournable nez rouge. «C'est important pour les enfants, un repère», explique Z'el Printemps en secouant sa longue tresse violette. En revanche, aucun numéro ne se ressemble. L'improvisation est la règle, en mêlant le mime, la magie, les marionnettes, la danse, etc. Le plus sûr moyen de déclencher un sourire, voire ce rire si salvateur d'un public de 2 à 17 ans venu de tous horizons.

    Premier arrêt dans une tournée qui en compte 20 à 30 selon les jours: Eric, 13 ans, les lunettes rivées à son ordinateur, lève à peine le nez. Le tandem tente de l'amadouer en demandant à son soi-disant «avocat" la permission de se produire. Peine perdue. Au bout de trois minutes, nos clowns font marche arrière, non sans avoir quand même réussi à arracher l'ombre d'un sourire au jeune patient. Si Eric est un spectateur difficile, son refus est jugé positif: «Le jeune exprime sa volonté dans un environnement qu'il subit, il construit ainsi sa résilience», analyse Jules. Une résilience clé dans la guérison. Le deuxième patient s'annonce plus facile. Les visages de Léo, 15 ans, et de sa mère, s'éclairent à l'entrée des clowns. Z'el Printemps propose le mariage à Leo. Enchanté, il la renvoie vers sa mère pour régler les détails de la fête - «une affaire de femmes» à ses yeux - et tout le monde rigole bien. À ce moment-là, il n'y a plus un malade, mais un ado qui partage un bon moment avec sa mère et des amis. «Les clowns recréent le lien social entre parents et enfants dans un contexte hospitalier qui peut les en éloigner", constate Céline Salvador, la jeune psychologue du service.

    10 minutes de rire =30 minutes d'aviron

    Les infirmières en témoignent, les soins sont plus faciles à donner lorsque les clowns sont là. L'attention du cerveau se déporte sur le sketch, réduisant la perception de la douleur ou l'appréhension du soin. L'explication est à la fois physique et psychologique. Spasmes respiratoires, massage de l'abdomen, contraction du diaphragme, mouvements d'une quinzaine de muscles du visage... le rire provoque tout le long du corps une cascade de réactions mécaniques favorisant l'oxygénation du sang, la réduction du taux de cortisol (stress), la sécrétion d'endorphines (hormones du «bonheur») et le renforcement du système immunitaire. C'est le moyen le plus rapide de mobiliser le maximum de neurones simultanément. Parmi les antidotes contre le stress, le rire est certainement le plus rapide, le plus accessible à tout le monde dès le plus jeune âge. Dix minutes de rire à gorge déployée est un exercice physique aussi efficace que trente minutes d'aviron, selon le docteur Williams Fry de l'université de Stanford. Avec des contre-indications très limitées. Largement partagée, cette capacité s'étiole avec l'âge. Si les bébés rient en moyenne 300 à 400 fois par jour (!), les adultes les plus performants peinent à dépasser la douzaine!

    Tel un muscle, le rire s'entretient. Marianne, cadre dans un groupe pharmaceutique et fan inconditionnelle du Docteur Patch, en est bien consciente. Le rire est pour elle une véritable bouffée d'air. Depuis quatre ans, elle participe une fois par mois à des séances de yoga du rire organisées par une adepte de la méthode du médecin généraliste indien Madan Kataria et de son épouse, professeur de yoga. «Le rituel est toujours le même, explique-t-elle... Souriante! Après dix minutes d'échauffement musculaire, les participants sont invités à reproduire des saynètes d'une minute chacune sur un thème variable, les saisons, le cirque ou Noël, jouées initialement par l'animatrice. Le principe est de se regarder dans les yeux, de croiser une à plusieurs fois chaque participant, tout en se déplaçant dans la salle, mais sans parler. Enfin on passe au rire spontané." Allongés en étoile, la tête au centre, les participants sont alors suffisamment détendus pour rire de tout et de rien, et s'alimenter des trilles des voisins, où dominent les voyelles A, O, ou I. «Quand l'un s'arrête, l'autre redémarre, on a du mal à endiguer cette lame de fond qui vous secoue de la tête aux pieds. On revisite les fous rires de notre enfance.» Libérateur d'émotions, exceptionnellement de larmes, ce rire peut durer dix à quinze minutes. Après une courte relaxation, chacun peut partager son ressenti. Marianne se sent allégée de tout son stress, le septuagénaire Georges, si difficile à dérider, en sort ragaillardi. «Le rire des autres me fait du bien", note-t-il. Un aspect bien connu du rire, d'où l'importance de l'exercer collectivement.

    Complicité et cohésion

    Depuis son lancement à Mumbai en 1995, la pratique du yoga du rire a largement essaimé. Après l'Inde, qui compte quelque 10000 clubs du rire, les États-Unis, suivis du Japon et de l'Allemagne, sont les pays adeptes de la méthode Kataria. En France, où Fabrice Loizeau, un proche du fondateur indien, l'a introduite en 2002, «on compte près de 450 propositions à destination du grand public». Depuis cinq ans, de nouveaux acteurs s'y s'intéressent à commencer par les coaches, ces conseillers à tout faire, et de plus en plus d'entreprises aussi. Orange, Schneider, Kiabi, Sanofi et Groupama... autant de clients séduits par la convivialité, la créativité et l'humanité associées au rire.

    Chez Volvo Trucks France, le directeur du marketing Eric Dubois, un bon vivant, a su développer avec son équipe des liens différents grâce au rire. «Cela crée une complicité et une cohésion très forte", constate Vanessa Bourdin, la trentaine avenante. On rit pour rire, il n'y a pas d'enjeux cachés.» Et sa collègue Catherine Petit d'insister: «En cas de situation un peu bloquée, c'est l'équivalent d'une pirouette, une échappatoire positive.» Nul doute que la personnalité du manager y est pour beaucoup comme la composition de son équipe, qui aime bien rigoler.

    Marc Loriol, sociologue au CNRS, qui s'est intéressé à l'humour au travail le confirme: «Ceci ne marche que s'il y a déjà une certaine confiance dans le groupe." Car le rire n'est pas toujours bien vu dans l'univers professionnel. Certains le considèrent comme un acte de provocation, de contestation, voire de rébellion.

    Mais on peut également, comme le moine Guillaume de Baskerville dans Le Nom de la rose d'Umberto Eco, le voir comme un instrument de vérité et de liberté. Sans mettre le feu à la bibliothèque.


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  • Peut-on soigner par le rire ?

    • Le Mer 02 août 2017

    A la question

    Peut on soigner par le rire

    Une des réponses possibles

     

  • Pour que le monde change

    • Le Lun 31 juil 2017

     

    « Il est cubique, titanesque, froid.
    Il est doté de chenilles qui écrasent tout.
    C’est le système social dans lequel tu es inséré.
    Sur ses tours tu reconnais plusieurs têtes. Il y a celles
    de tes professeurs,
    de tes chefs hiérarchiques,
    des policiers,
    des militaires,
    des prêtres,
    des politiciens,
    des fonctionnaires,
    des médecins,
    qui sont censés toujours te dire si tu as agi bien ou mal.
    Et le comportement que tu dois adopter pour rester dans le troupeau.

    C’est le Système.

    Contre lui ton épée ne peut rien.
    Quand tu le frappes, le Système te bombarde de feuilles :
    carnets de notes,P.V.,formulaires de Sécurité sociale à compléter si tu veux être remboursé,
    feuilles d’impôts majorés pour cause de retard de paiement,formulaires de licenciement, déclarations de fin de droit au chômage,quittances de loyer, charges locatives, électricité, téléphone, eau, impôts locaux, impôts fonciers, redevance, avis de saisie d’huissier, menace de fichage à la Banque de France, convocations pour éclaircir ta situation familiale, réclamations de fiche d’état civil datée de moins de deux mois…

    Le Système est trop grand, trop lourd, trop ancien, trop complexe.

    Derrière lui, tous les assujettis au Système avancent, enchaînés.
    Ils remplissent hâtivement au stylo des formulaires.
    Certains sont affolés car la date limite est dépassée.
    D’autres paniquent car il leur manque un papier officiel.
    Certains essaient, quand c’est trop inconfortable, de se dégager un peu le cou.

    Le Système approche.

    Il tend vers toi un collier de fer qui va te relier à la chaîne de tous ceux qui sont déjà ses prisonniers.
    Il avance en sachant que tout va se passer automatiquement et que tu n’as aucun choix ni aucun moyen de l’éviter.

    Tu me demandes que faire.
    Je te réponds que, contre le Système, il faut faire la révolution.

    La quoi ?
    LA RÉVOLUTION.

    Tu noues alors un turban rouge sur ton front, tu saisis le premier drapeau qui traîne et tu le brandis en criant :
    « Mort au Système. »
    Je crains que tu ne te trompes.
    En agissant ainsi, non seulement tu n’as aucune chance de gagner, mais tu renforces le Système.
    Regarde, il vient de resserrer les colliers d’un cran en prétextant que c’est pour se défendre contre « ta » révolution.
    Les enchaînés ne te remercient pas.

    Avant, ils avaient encore un petit espoir d’élargir le métal en le tordant.
    À cause de toi, c’est encore plus difficile.
    Désormais, tu as non seulement le Système contre toi, mais tous les enchaînés.
    Et ce drapeau que tu brandis, est-il vraiment le « tien » ?

    Désolé, j’aurais dû t’avertir.
    Le Système se nourrit de l’énergie de ses adversaires.
    Parfois il fabrique leurs drapeaux, puis les leur tend.

    Tu t’es fait piéger !
    Ne t’inquiète pas : tu n’es pas le premier.

    Alors, que faire, se soumettre?
    Non.

    Tu es ici pour apprendre à vaincre et non pour te résigner.
    Contre le Système il va donc te falloir inventer une autre forme de révolution.
    Je te propose de mettre entre parenthèses une lettre.
    Au lieu de faire la révolution des autres, fais ta (r)évolution personnelle.

    Plutôt que de vouloir que les autres soient parfaits, évolue toi-même.
    Cherche, explore, invente.
    Les inventeurs, voilà les vrais rebelles !

    Ton cerveau est le seul territoire à conquérir.
    Pose ton épée.
    Renonce à tout esprit de violence, de vengeance ou d’envie.
    Au lieu de détruire ce colosse ambulant sur lequel tout le monde s’est déjà cassé les dents, ramasse un peu de terre et bâtis ton propre édifice dans ton coin.
    Invente. Crée. Propose autre chose.

    Même si ça ne ressemble au début qu’à un château de sable, c’est la meilleure manière de t’attaquer à cet adversaire.
    Sois ambitieux.
    Essaie de faire que ton propre système soit meilleur que le Système en place.
    Automatiquement le système ancien sera dépassé.

    C’est parce que personne ne propose autre chose d’intéressant que le Système écrase les gens.
    De nos jours, il y a d’un côté les forces de l’immobilisme qui veulent la continuité, et de l’autre, les forces de la réaction qui, par nostalgie du passé, te proposent de lutter contre l’immobilisme en revenant à des systèmes archaïques.
    Méfie-toi de ces deux impasses.

    Il existe forcément une troisième voie qui consiste à aller de l’avant.
    Invente-la.
    Ne t’attaque pas au Système, démode-le !

    Allez, construis vite.
    Appelle ton symbole et introduis-le dans ton château de sable.
    Mets-y tout ce que tu es : tes couleurs, tes musiques, les images de tes rêves.

    Regarde.
    Non seulement le Système commence à se lézarder.
    Mais c’est lui qui vient examiner ton travail.
    Le Système t’encourage à continuer.
    C’est ça qui est incroyable.
    Le Système n’est pas « méchant », il est dépassé.
    Le Système est conscient de sa propre vétusté.
    Et il attendait depuis longtemps que quelqu’un comme toi ait le courage de proposer autre chose.
    Les enchaînés commencent à discuter entre eux.
    Ils se disent qu’ils peuvent faire de même.

    Soutiens-les.
    Plus il y aura de créations originales, plus le Système ancien devra renoncer à ses prérogatives. » 

    Extrait du Livre du voyage, écrit par Bernard Werber

    Source

     

  • La peur: premier obstacle au développement humain

    • Le Mar 25 juil 2017

    Croyances 

    Peur de tout perdre, peur de l’avenir, peur de l’échec, peur de la critique, peur du rejet, peur de la solitude, peur de la maladie et de la mort, peur du vide existentiel, peur de perdre ses cheveux, peur de prendre du poids, peur de vieillir, peur du changement, peur du terrorisme, peur de l’autre et de la différence… On dirait, à entendre les conversations autour de soi et dans les médias, qu’il y a toujours une menace ou un danger qui nous guette, qu’il faut combattre ou fuir.

    Bien sûr, des événements nous “tombent dessus” sans qu’on les ait cherchés: la mort d’un être cher, la maladie d’un enfant, un accident, un krach boursier, un tsunami… Mais ce dont il s'agit, ce sont ces craintes démesurées qui peuvent nous occuper l’esprit sans relâche et qui ne font qu’augmenter notre sentiment d’impuissance. Or, la peur est probablement le plus grand obstacle au développement de l’être humain.

    À l’époque, pas tellement lointaine, ou l’être humain devait se défendre contre les éléments, les animaux féroces ou les bandits de grand chemin, nous avions sans doute des raisons d’avoir peur. Mais ces conditions n’existent pratiquement plus. Aujourd’hui, des mesures de toutes sortes sont là pour protéger l’individu et assurer sa subsistance et sa sécurité.

    Et pourtant, la peur est partout, habilement exploitée par des mouvements pseudo-religieux, par des entreprises de produits financiers avec leurs promesses illusoires de sécurité, par la publicité qui laisse entendre que la consommation et le divertissement vont nous aider à nous sentir mieux, par plusieurs politiciens dont le discours nous convainc de l’importance d’investir dans de l’équipement militaire et les peines de prison plus sévères.

    Dans le grand livre de l’Histoire, les dictatures en général et plusieurs gouvernements occidentaux en particulier ont tiré sur ces cordes qui alimentent chez les citoyens le besoin d’être sécurisés et surtout altèrent leur jugement critique, et donc leurs éventuels appels au changement. (…) La peur tue l’espoir et alimenterait même le conservatisme. C’est en tout cas ce qu’écrit le publicitaire français Christophe Lambert — aucun lien de parenté avec l’acteur — dans La Société de la peur (Plon), un essai publié au milieu de la dernière décennie d’angoisse et qui pourfend de manière convaincante la culture de la peur et ses effets délétères sur l’avancement d’une société qui peine alors à rêver son avenir. Avec, en toile de fond, un constat: inhibés par leurs peurs multiples, les citoyens refusent finalement de prendre le risque de changer les choses. La peur déprime, bloque et rend les environnements sociaux irréformables, ajoute-t-il. 

    Les médias et la peur

    Les peurs sont aussi un filon payant pour certains médias qui ne se gênent pas pour les relayer et les entretenir.

    L’industrie des médias pense de plus en plus que si l’actualité veut garder son public, qui veut avant tout être diverti, elle doit être présentée comme un événement sportif ou une sitcom. Ce qui fait les nouvelles, suivant ce critère, ce sont les mauvaises nouvelles – les conflits, les tragédies, les alliances secrètes, les scandales, la politique spectacle (comme les courses électorales, les personnalités et les ambitions des politiciens). La politique devient ainsi un jeu de cirque, un sport-spectacle, et plus du tout quelque chose dont les citoyens ont à se soucier. Dans cette perspective cynique chaque question politique, chaque problème de la communauté et de la nation n’est plus traité qu’en fonction de leur manière de s’intégrer dans les stratégies électorales des partis et des politiciens. »(2)  

    « Avec l’effet cumulé du cynisme, du règne des “experts”, de la mise à l’écart des vrais problèmes et de l’avènement de l’info-spectacle, nous assistons tout simplement à une diminution de l’engagement et de l’implication des citoyens dans le bon fonctionnement de la démocratie. (3)

    Or il ne faut pas être psychologue (même si je le suis) pour constater que ces états d’esprit malsains n’engendrent rien de bon, que ce soit pour l’individu ou pour la société. Non seulement sont-ils paralysants, mais on se demande parfois si on ne crée pas ce que l’on craint. À force d’entretenir des peurs, on risque fort d’attirer à soi ce qu’on redoute le plus. Comme l’écrivait le philosophe Alain: «Si je crois que je vais tomber, je tombe; si je crois que je ne puis rien, je ne puis rien. Si je crois que mon espérance me trompe, elle me trompe.» 

    Le côté positif

    Mais le principe du "On crée ce que l’on craint " a cependant son pendant positif. En effet, ne pourrait-on pas attirer des évènements désirables en entretenant dans notre pensée et notre imagination l’image de leur réalisation? Quand on pense à notre propre avenir, comme individu et comme société, pourquoi ne pas se voir comme on voudrait être au lieu d’entretenir des pensées sur ce que l’on craint qu’il arrive? Quand on pense à son enfant, pourquoi ne pas le voir sain, fort, actif, généreux et remarquer davantage ses qualités et le coté positif de ses défauts? Quand l’étudiant passe un examen ou le finissant une entrevue, pourquoi ne pas entretenir dans ses pensées des images de réussite plutôt que la peur de l’échec? Quand on pense à son vieillissement, pourquoi ne pas entretenir l’image d’une vieillesse normale et épanouie?

    Comme plusieurs autres athlètes, Sylvie Bernier, gagnante d’une médaille d’or en plongeon aux Jeux olympiques de Los Angeles, disait elle-même qu’elle repassait sans cesse devant ses yeux le plongeon qu’elle voulait faire et qu’elle se voyait médaillée d’or pendant son entraînement. Rappelez-vous cette chanson de Charles Aznavour : Je m’voyais déjà… en haut de l’affiche…

    Plutôt que d’avoir peur d’être malade, pourquoi ne pas entretenir en soi des images de santé et rechercher la compagnie de gens sains? Plutôt que d’avoir peur de la solitude, pourquoi ne pas se voir heureux et de bonne humeur et rechercher la compagnie de gens heureux? Plutôt que d’avoir peur de l’échec, pourquoi ne pas reprendre contact avec l’énergie de ses rêves? Ce sont les grandes visions qui inspirent l’être humain. En ce faisant, on donne une direction vers laquelle on aura  envie d’aller. Cessons d’avoir peur, rêvons grand et enthousiasmons-nous,au lieu de nous ratatiner et de nous enfermer en nous-mêmes.

    Cela peut sembler simpliste et sans doute plus facile à dire qu’à faire. Mais quand notre scénario de vie est guidé par la seule peur, il faut en changer tout de suite et choisir un rôle plus intéressant dans le grand jeu de la vie. Plaçons dans notre esprit, nos pensées et notre imagination une image de ce que nous voulons devenir, comme individu ou comme société, et cultivons des états d’esprit aidants: voilà de bons antidotes à la peur. II en revient à chacun de soi de se vouloir du bien au lieu de craindre continuellement le pire. C’est une question de choix.

    Et regardons autour de nous! Même si on ne les voit pas aux informations du soir, bien des mouvements, de nouvelles idées, des expressions créatrices, des réseaux souterrains et invisibles existent et jouent un rôle positif et capital pour notre avenir. Une des caractéristiques des gens heureux, c’est leur habileté à orienter leur attention sur le positif (voir Poser les bonnes questions pour être heureux).

    Source

  • We are what we act !

    • Le Mar 25 juil 2017