L'essentiel c'est de donner à réfléchir

 Penser sain

  • Bonheur lucide

    • Le Sam 15 juil 2017

     

    "Nous devrions faire plus souvent l’effort de distinguer l’urgent de l’important.

    Christophe André

     

    Bonheur lucide

    J'avais le souvenir d'ineffables aurores, 
    De ruisseaux cascadants cachés dans les vallons, 
    De pourpres archipels et de grèves sonores 
    Que visitent les flots crêtes et les hérons.

    Je gardais le sourire accueillant des pinières 
    Qui filtrent le soleil dans leur dôme verni. 
    J'avais en moi des horizons où les rivières, 
    Dévalant des hauteurs, coulent vers l'infini.

    Et lorsque je voulus m'exprimer, ô Nature, 
    Je trouvai ma pensée unie à ton décor, 
    Fondue en toi, plus souple, harmonieuse et pure 
    Et sachant se parer de symboles et d'or.

    Ce n'étaient, cependant, que des baisers rapides 
    Ces révélations de formes, de couleurs ; 
    Je passais, tu venais me ravir, mais stupide 
    J'allais chercher au loin des plaisirs tapageurs.

    Aujourd'hui l'art m'a fait abandonner la hâte 
    De voir ce qui m'attend au terme du chemin. 
    Et chasse de mon cœur l'accoutumance ingrate 
    D'assujettir le jour présent au lendemain.

    Libre, je viens à toi. Nature qui m'appelles. 
    Déjà mes pas, froissant le trèfle, ont dégagé 
    L'odeur d'après-midi vaguement sensuelles. 
    Je m'enivre de paix riante et d'air léger.

    La lumière éblouit l'esprit et l'étendue. 
    Les montagnes, là-bas, où finit le lac bleu, 
    Avec les bois distants en chaîne continue, 
    Font un cirque parfait, d'un dessin fabuleux.

    Des arbres espacés monte le chant des grives. 
    La beauté de ce jour en moi trouve son nid, 
    Et semble une caresse ancienne que ravive 
    Un cœur infiniment lucide et rajeuni.

    Alphonse Beauregard

     

  • Yoga du rire & Mindfulness à l'école

    • Le Dim 18 juin 2017

    La joie

    Programme d'entraînement à l'attention 

    du CP au CM2 

    La question du bien-être et de la joie de l'enfant est centrale dans tout processus éducatif. 

    Un enfant qui vit des émotions positives par exemple, retiendra mieux et comprendra mieux qu’un enfant stressé.

    Ça nous paraissait intuitivement évident ? C’est maintenant scientifiquement prouvé.

    Lorsque l’enfant se sent mal car son environnement lui est désagréable (il se sent en insécurité, en colère, humilié, angoissé), son cerveau secrète deux hormones : le cortisol et l’adrénaline.

    Le cortisol est l’hormone du stressIl agit comme un véritable poison qui affecte les capacités de bien-être et de réflexion et l’empêche d’accéder aux fonctions du cerveau qui lui permettent de réfléchir (le cortex préfrontal).

    Quand il se sent bien, le cerveau va secréter de l’ocytocine (hormone du plaisir et de l’attachement), de la dopamine, de l’endorphine (des neurotransmetteurs qui dynamisent les capacités d’apprentissage en classant au mieux les informations), et de la sérotonine. Tout cela lui permet d’apprendre dans des conditions optimales.

    Pour augmenter ses émotions positives, l’enfant peut :

    • Visualiser tout ce qui est positif (en lui, dans sa vie)
    •  
    • Rire
    •  
    • Se souvenir de moments de réussite et des moments heureux (les afficher au mur)
    •  
    • Ecouter un morceau de musique qui lui plaît
    •  
    • Recevoir des encouragements

    C'est pourquoi chaque jour, 5/10 minutes peuvent être consacrées à la pratique d'exercices de hasya yoga (yoga par le rire) et 5/10 minutes de méditation dite "pleine conscience".

    Les 2 pratiques permettent d'évacuer les tensions, d'oxygéner profondément tout l'organisme, d'installer un mental positif et de préparer l'enfant à apprendre dans des conditions optimales.

    Vous êtes enseignant(e) et ce programme vous intéresse ? Appelez-nous !

  • Le Yoga du Rire : véritable rééducation respiratoire

    • Le Jeu 08 juin 2017

    La respiration totale, nous la connaissons tous pour l'avoir pratiquée de zéro à deux ans.

    Le diaphragme thoracique descend lors de l'inspiration et remonte lors de l'expiration.

    À l'inspiration, le ventre se gonfle et à l'expiration, le ventre se dégonfle.

    Imaginez 3 niveaux :   1° - Le petit bassin
                                     2° - L'abdomen
                                     3° - Le thorax

    Lors de l'inspiration, on va gonfler successivement le petit bassin, puis l'abdomen et ensuite le thorax.

    Quand le périnée est stimulé (en gonflant le petit bassin), la sensation d'ancrage dans les pieds s'installe automatiquement.

    Le gonflement successif des trois niveaux permet à l'individu de se redresser tout en brassant une quantité importante d'oxygène.

    Cette respiration totale permet de mobiliser les 4 diaphragmes et de stimuler les plexus neurovégétatifs voisins.

    Une respiration du crâne au périnée favorise la circulation, le transit, la digestion, diminue l'hypertension, régule la fréquence cardiaque, procure le calme et la sérénité. Elle permet un ancrage physique et un ancrage psychologique. Elle permet de mieux se positionner dans la vie quotidienne.

    Nos hormones gouvernent notre vie et nos émotions gouvernent nos hormones. Donc, nos émotions gouvernent notre vie.


                                                                                                 Rire reeducation respiratoire fiammetti

    La respiration totale peut moduler nos émotions en diminuant la fréquence respiratoire et en mettant en mouvement tout le corps, les quatre diaphragmes, les différents plexus neurovégétatifs et leurs effets sur les organes, sur le stress.

    Le rire intentionnel du yoga du rire, pratiqué avec régularité, est la plus ludique rééducation respiratoire !

    Visionnez cette vidéo.... avec un intérêt tout particulier à partir de 4min30 !! 

     

    Source

  • Tout est là...juste là !

    • Le Lun 22 mai 2017

    Juste écouter...laisser tranquillement la joie s'épanouir dans chaque cellule de votre être....puis rire....silencieusement ^^)

  • Le test du tabouret

    • Le Dim 21 mai 2017

    Imaginons notre vie comme un tabouret à 4 pieds. Cette structure nous permet une bonne stabilité.

    Enlevons un pied et nous obtiendrons un trépied. La structure tient encore.

    Enlevons encore un pied et nous ne pourrons plus nous y asseoir.

    Notre équilibre de vie est à cette image.

    Chaque pied du tabouret représente un pilier de notre vie :

    Famille

    Vie personnelle

    Vie sociale et amicale

    Vie professionnelle

    Test du tabouret

    Parfois, nous pouvons sentir qu’un des pieds est fragile ou défaillant et que notre équilibre est menacé.

    Parfois nous faisons porter tout notre poids sur un seul pied et risquons de le fragiliser.

    Pour réviser notre tabouret, posons-nous cette question :

    Mon tabouret est-il équilibré ?

    Si oui, continuons comme ça et profitons de toutes les belles opportunités de la vie.

    Si la réponse est négative, observons les pieds de notre tabouret. Lequel est défaillant ? Trop fragile ?
     

    Exemples:

    Si nous consacrons tout notre temps à nos enfants et ne sortons jamais en couple ou entre amis.

    Si nous passons énormément de temps au travail et que nos enfants nous reprochent de n’être jamais disponible.

    Si nous nous ennuyons dans notre travail.

    Si nous ne faisons aucune activité physique ou de loisir.

    Si notre couple n’est pas au beau fixe…

    Quelles sont les actions très concrètes que nous pouvons mettre en œuvre pour nous sentir bien en équilibre.

    Notons que la charge n’a pas besoin d’être répartie à parts complètement égales. L’important est de nous sentir stable.

    Souvent, ce sont les choses simples qui font le plus de différence.

    Source

  • Programme en 7 étapes pour ne plus se rendre malheureux

    • Le Ven 21 avr 2017

    Prendre soin de soi

     Arrêter de se gâcher la vie est le premier pas vers l’épanouissement personnel

    Réussir sa vie, c’est construire un édifice en trois dimensions : matérielle, relationnelle et émotionnelle.

    Autrement dit : atteindre ses objectifs, tout en préservant de bonnes relations et une bonne image, sans pour autant sacrifier son bien-être.

    Une réussite sociale qui nous laisserait malheureux n’est plus considérée par nos contemporains comme un idéal de vie réussie.

    Mais autant les dimensions matérielles et relationnelles obéissent à une certaine logique, autant la dimension émotionnelle d’une vie réussie, avec ses aspects inconscients (nos névroses) et biologiques (notre tempérament) s’avère plus difficile à contrôler.

    Les êtres humains savent depuis toujours la difficulté immense à atteindre le bonheur.

    Aristote enseignait ainsi que « le sage n’aspire pas au plaisir, mais à l’absence de souffrance ».

    Plus près de nous, Jules Renard écrivait dans son “Journal”: « Le bonheur, c’est le silence du malheur. »

    Comment, alors, ne pas se rendre malheureux ?

    Voici sept directions qui représentent déjà tout un programme…

    Prendre la décision d’aller bien

    Lapalissade ? Pas si évident.

    Le philosophe Alain avait coutume de dire : «Il faut vouloir être heureux et y mettre du sien. Si l’on reste dans la position du spectateur impartial, laissant seulement entrée au bonheur et portes ouvertes, c’est la tristesse qui entrera.»

    Il est toujours plus facile, moins coûteux en énergie psychologique, de se laisser aller au malheur. A l’inverse, faire durer le bien-être nécessite des efforts.

    Pour expliquer cela, il y a d’abord des raisons personnelles : il existe des différences nettes entre les individus quant à leurs capacités à se sentir bien.

    Et des facteurs propres au genre humain : l’évolution semble avoir favorisé chez nous l’existence d’émotions négatives, dont la fonction est d’augmenter les chances de survie de l’espèce.

    La peur favorise la fuite ou le combat, la colère intimide les adversaires ou les rivaux, la tristesse attire la compassion, etc.

    Mais la nature, si elle a eu le souci de notre survie, n’a guère eu celui de notre qualité de vie.

    Le spectre des émotions et humeurs positives est beaucoup plus restreint, plus labile, et d’accès plus coûteux en termes d’énergie psychologique.

    Ne pas laisser trop d’espace au sentiment de malheur

    Si les émotions négatives sont occasionnelles, peu durables et perturbent moyennement notre quotidien, on peut attendre qu’elles disparaissent d’elles-mêmes.

    Mais flirter avec le malheur, valorisé notamment par le romantisme au XIXe siècle, comporte certains dangers que la psychologie commence à mieux étudier.

    Laisser libre cours à une émotion négative risque d’en prolonger la durée.

    On croyait auparavant à un certain effet cathartique : se plaindre permettait d’alléger sa souffrance, par exemple.

    Il semble que cela soit souvent l’inverse : la plainte répétée et sans réponse peut transformer en victime de la vie.

    Et le malheur se nourrit de lui-même : plus on s’y laisse aller, plus on en prolonge la durée.

    De plus, s’abandonner au sentiment de malheur va faire passer peu à peu d’une émotion négative ponctuelle – on se sent malheureux – à une vision négative durable – on a une vie malheureuse.

    Enfin, cela prépare le retour des émotions négatives ultérieures : le phénomène est bien connu dans la dépression, qui a une très forte tendance à la récidive, et il a été démontré en ce qui concerne l’humeur triste quotidienne.

    Prendre soin de soi, surtout quand on ne va pas bien

    Encore une évidence ? Oui, mais mille fois contredite par l’observation.

    La plupart des anxieux et des déprimés font exactement l’inverse.

    Plus ils vont mal, plus ils se maltraitent (en ne voyant plus leurs amis, en ne pratiquant plus leurs loisirs préférés…) et plus ils se maltraitent, plus ils vont mal.Le cercle vicieux est alors enclenché.

    Faire des choses agréables lorsqu’on ne va pas bien ne relève pas de l’évidence, car on n’en a pas envie.

    Or, tous les travaux disponibles montrent qu’il faut réamorcer cette envie par des efforts initiaux (telle la remise en marche d’un moteur qui a calé).

    Et qu’il ne faut pas se tromper d’objectif : lorsque l’on va mal, le but des activités agréables n’est pas de nous rendre heureux, mais d’empêcher le mal-être de s’aggraver ou de s’installer.

    Pas de perfectionnisme ni d’obsession du bien-être

    Flaubert, en parlant du bonheur, écrivait : "As-tu réfléchi combien cet horrible mot a fait couler de larmes ? Sans ce mot-là, on dormirait plus tranquille et on vivrait à l’aise". Inutile de prendre le cher Gustave à la lettre, mais tout de même…

    La recherche du bien-être ne doit pas virer à l’obsession, et le droit au bonheur – inscrit par exemple dans la constitution américaine – ne doit pas se transformer en « devoir de bonheur », selon l’expression de l’écrivain Pascal Bruckner.

    D’autant que le sentiment de malheur, qui fait partie de l’existence, peut parfois être utile, en nous faisant réfléchir ; ou nécessaire, en nous faisant ouvrir les yeux sur des réalités désagréables. Nous ne pouvons pas éviter sa rencontre, mais il est à notre portée d’en faire un bon usage.

    Face aux soucis quotidiens, réfléchir, ne pas ruminer

    L’étude du psychisme des anxieux montre qu’ils ont toujours des tracas en tête, mais que, paradoxalement, jamais ils ne les abordent efficacement : leurs ruminations ne leur apportent pas de solutions.

    C’est que la vocation du souci est d’être un signal d’alarme (attirer notre attention sur un problème) et non une façon de voir le monde ou de faire face à ses problèmes.

    Voilà pourquoi l’un des objectifs prioritaires des psychothérapies, notamment cognitives, est d’amener les personnes à considérer leurs malheurs comme des problèmes à résoudre et non comme des malédictions.

    On utilise alors une démarche dite "socratique", qui consiste en un questionnement serré sur ces inquiétudes : qu’est-ce qui relève des faits et qu’est-ce qui relève de l’interprétation ou de l’anticipation ? Est-ce que continuer à me faire du souci m’apporte quelque chose ? Quel est mon scénario catastrophe ? Quelles sont les chances qu’il survienne dans ma vie ? Etc. Rude, mais instructif.

    Ne pas nourrir d’émotions hostiles

    Une grande part de notre malheur vient de la place exagérée que nous faisons aux émotions "hostiles".

    Elles sont parfois intenses et tournées contre des personnes précises (rancœur, ressentiment, jalousie, etc.).

    Le plus souvent, elles prospèrent parce que nous privilégions notre besoin d’avoir raison (« Ils ont tort, ils doivent être punis ») à notre désir de nous sentir bien (« J’en suis la première victime, autant réfléchir à ce que je peux faire d’utile et passer à autre chose. »).

    Dans d’autres cas, ces émotions négatives relèvent de l’irritabilité envers les défauts du genre humain, et font poser un regard critique ou cynique sur le monde et ses habitants : « Celle-là, si elle se croit belle… »

    Le manque de bienveillance est souvent preuve de mal-être, et toujours source de malheur.

    Philippe Delerm, l’écrivain des « plaisirs minuscules », disait pour sa part avoir « choisi de vivre en amitié avec les choses de la terre ».

    Savourer les moments de bien-être

    La meilleure des armes contre le malheur, et la plus agréable à utiliser, c’est sans doute de profiter encore mieux des bons moments que nous offre l’existence.

    Savourer le bien-être lorsqu’il est là, l’intensifier, le densifier représente un très bon vaccin contre le sentiment de malheur.

    Vous n’éviterez peut-être pas la maladie, mais ce sera sous une forme atténuée !

    Comme toujours, ce n’est pas si facile que cela en a l’air.

    Le philosophe André Comte-Sponville parle très justement de toute la difficulté qu’il y a d’être « heureux quand tout va bien ».

    N’attendons pas l’adversité pour nous rappeler que la vie peut être belle et pour regretter de ne pas en avoir mieux profité…

    Nous voici revenus au plus ancien et vénérable des conseils de la philosophie, le bon vieux « carpe diem » (« Mets à profit le jour présent »).

    Les séances régulières de Yoga du Rire permettent de mettre ces recommandations pleines de sagesse en pratique !

    Happyculteur

    Source 

  • Le Français, un optimiste qui s’ignore

    • Le Dim 16 avr 2017

    « Les Français sont les plus pessimistes d’Europe ! », s’exclame Martin Shain, chercheur en sciences politiques à l’Université de New York.

    A la question d’une étude réalisée par Pew Research Center leur demandant si la vie de leurs enfants serait meilleure ou pire que la leur, les Français répondaient « pire » à 86 %.

    40 ans de pessimisme

    Le Français peut-il aller mieux ? Posez la question à Claudia Senik, professeure à l’université Paris-Sorbonne et à l’Ecole d’économie de Paris, et elle confirmera que sur toute une batterie de questions destinées à apprécier la façon dont les populations envisagent leur avenir, les Français, toutes conditions égales par ailleurs, décrochent.

    Et voilà au moins quarante ans que ça dure, depuis les premières études de l’European Social Survey (ESS). « On aimerait avoir des données remontant au XIXe siècle, ou au moins à la Belle Epoque, pour dater le début du phénomène. »

    Et pourtant, autour de nous, des petits signes suggèrent un appétit d’optimisme. Jamais les rayons des libraires n’ont été aussi fournis en manuels de bonheur aux titres remplis de promesses : La Puissance de la joie (Frédéric Lenoir, Fayard, 2015), Et n’oublie pas d’être heureux (Christophe André, Odile Jacob, 2014), Eloge de l’optimisme (Philippe Gabilliet, Saint-Simon, 2010)…

    Au cinéma, le film Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent, a fait plus d’un million d’entrées. C’est l’exemple le plus spectaculaire parmi une moisson de documentaires « optimistes », comme un antidote à la vague de films alarmistes de la décennie précédente. « Ces films, où l’écologie rencontre le développement personnel, s’inscrivent dans un registre de solutions », constate Pierre-Nicolas Combes, programmateur du cinéma L’Entrepôt à Paris, qui diffuse actuellement Gardiens de la Terre, de Rolf Winters et Renata Heinen, Le Potager de mon grand-père, de Martin Esposito et En quête de sens, de Nathanaël Coste et Marc de la Ménardière.

    Ces graines d’optimisme peuvent-elles prendre racine dans nos jardins rabougris ? « Une forêt qui pousse fait moins de bruit qu’un arbre qui tombe », répond Marc de la Ménardière. Jean-Benoît Nadeau, un journaliste québécois qui vient de compiler ses observations de la société française dans un livre (The Bonjour Effect, coécrit avec Julie Barlow, non traduit), ne voit pas en quoi tout cela serait inconciliable. « Le non-pessimisme est présent dans la société française, mais il ne s’exprime pas. Ce n’est pas que les Français ne soient pas optimistes, mais ils le réservent pour le privé. »

    Autrement dit, on déclarerait aux instituts de sondage que tout va mal, avant d’aller acheter des livres de Matthieu Ricard pour changer la vie à notre échelle. L’idée semble confortée par d’autres sondages, que citent souvent ces scrutateurs du moral des Français, montrant que nos compatriotes sont bien plus nombreux à se dire peu confiants quant à l’avenir de la société (70 % selon l’enquête Dynegal menée par des sociologues de la Sorbonne et le Centre Maurice Halbwachs) que pour leur propre futur (seulement 31 % de pessimistes).

    Jean-Benoît Nadeau prête à ce pessimisme collectif une fonction sociale : il s’agirait d’une manière d’afficher sa solidarité lorsqu’on ne s’estime pas si mal loti. A l’inverse, se montrer optimiste en société reviendrait à ne pas prendre en compte la potentielle souffrance des autres. (D’ailleurs, écrire un article sur le caractère culturel du pessimisme pousse à se demander si ce n’est pas insultant pour ceux pour qui ça va effectivement très mal.)

    Illusions perdues sur la gloire passée

    Aux yeux de Simon Kuper, chroniqueur au Financial Times et installé à Paris, notre empêcheur de positiver en rond, ce sont les illusions perdues sur la gloire passée de notre nation. Pour « sauver la France », il conseille de commencer par accepter l’idée qu’elle est un petit pays.

    « Les Français dans les rendez-vous internationaux devraient dire des trucs comme vous n’avez peut-être pas entendu parler de mon pays, il est près de la Belgique, sa population représente les trois quarts de celle de l’Ethiopie et notre langue ressemble à l’espagnol. Une fois que les Français auront absorbé l’idée que la France est juste un pays ordinaire (…) alors leur sentiment de grandeur perdue disparaîtra. »

    Il suggère même de payer les enseignants à complimenter les élèves. Parce que, a-t-il observé, les Français entendent des critiques depuis leur premier jour d’école, ce qui compromettrait définitivement leur capacité à se réjouir« Ils pensent qu’ils sont moroses parce que la situation est terrible. En fait, la situation leur semble terrible parce qu’ils sont moroses. »

    « L’optimiste passe pour un imbécile »

    Claudia Senik s’interroge aussi sur le poids de l’éducation. A conditions égales, fait-elle valoir, les immigrés, qui ne sont pas passés par le système éducatif français avant 10 ans, n’affichent pas le même déficit de bien-être et de confiance en l’avenir.

    Une autre hypothèse éducative voudrait que notre pessimisme soit culturel, qu’on nous ait inculqué très tôt que « l’intelligence critique est plus valorisée que d’avoir un esprit positif ». Et c’est ainsi que, comme le note le philosophe Michel Serres, « l’optimiste passe pour un imbécile ».

    C’est aussi l’avis de Jean-Benoît Nadeau. « Le pessimisme est une espèce de prêt-à-penser. Culturellement, les Français ne sont pas capables de dire qu’ils ne savent pas. Tout cela fait qu’il est plus prudent de produire une opinion pessimiste. » De son séjour en France, le Canadien garde des souvenirs savoureux de ses émerveillements face aux performances des trains ou à la qualité des menus des cantines… que des Français se pressaient de piétiner en lui assurant qu’il ne fallait pas se fier aux apparences. Car, selon lui, il règne dans le pays « une telle affirmation publique du négativisme qu’il est extrêmement difficile de ramer à contre-courant. Le problème n’est pas que ça va mal, c’est la conviction que ça va mal ». 

    Lunettes et réalité


    Source